Blessé en opération : quel accompagnement ?

10/04/2017

Blessé en opération : quel accompagnement ?

L’intensité et la nature des engagements opérationnels de l’armée française impliquent toujours un nombre élevé de blessures. Physiques ou psychiques, ces blessures font l’objet d’un véritable accompagnement déployé par de nombreux acteurs.

Réparer

  • Le droit à réparation : depuis 2012, le ministère de la Défense a travaillé pour améliorer l’application de ce droit : les dossiers de pension militaire d’invalidité sont traités plus rapidement.
  • Le financement des prothèses Nouvelle Génération : l’Etat les finance désormais pour les militaires blessés, qui peuvent être appareillés et qui sont en phase de réinsertion professionnelle.
  • L’arrêté Brugnot paru en 2005 : l’Etat indemnise également le préjudice extrapatrimonial, c’est-à-dire la douleur physique éprouvée, esthétique, d’agrément : l’Etat répare financièrement l’impossibilité pour le blessé de continuer à pratiquer des activités sportives, de loisirs qui étaient régulières avant l’accident, mais aussi de se livrer à des actes normaux de la vie courante. Cette réparation intervient en complément de la pension d’invalidité.

Aujourd’hui, les liens entre l’institution et les partenaires sont étroits et créent un véritable maillage pour qu’aucun militaire blessé ne puisse être laissé de côté. L’action de tous ces organismes doit poursuivre sur la voie de la coopération et de la coordination pour que le blessé puisse être soutenu à hauteur de son sacrifice.

Témoignage Sous-officier de carrière, Goeffrey BARTOLI a été blessé lors d’une mission en Afghanistan en 2012.

"J'ai été blessé dans une attaque au suicide-bomber en 2012 dans la vallée de la Kapisa alors que nous avions pour mission de venir soutenir la force afghane. J’ai été criblé notamment au foie et aux cervicales. Mes mains et mes pieds étaient fracturés, mes côtes aussi. J’ai perdu 3 centimètres d’os de l’humérus et un de mes tympans était perforé. J’ai reçu les premiers secours sur place par mes camarades et l'auxiliaire sanitaire.

J'ai ensuite été évacué en hélicoptère sur l'hôpital militaire français de Kaboul pour y être stabilisé. Puis j'ai été rapatrié par avion vers la France, à l'hôpital militaire de Percy. J'ai été suivi par la Cellule d’Aide aux blessés de l’armée de Terre et les assistantes sociales des armées qui m’ont aidé dans mes démarches administratives et ont facilité la présence de mes proches à mes côtés.

J'ai également reçu la visite de plusieurs associations de soutien aux blessés et même un français d'origine afghane qui visitait les blessés à titre personnel. Durant les phases d’hospitalisation, de la convalescence et de la rééducation, je n'ai pas rencontré de problème majeur. Les difficultés sont surtout apparues après car j’avais très peu d’informations sur mes droits, sur les endroits où m’adresser pour obtenir des documents comme les cartes d'invalidité, de stationnement handicapé, de sécurité sociale spécifique avec prise en compte des futures aggravations d'état lié aux blessures subies, le dossier ancien combattant...

Aujourd’hui, j’ai pu réintégrer l’institution car je ne souhaitais pas me reconvertir. J’ai apprécié l’accompagnement qui m’a été offert pendant la première phase de ma blessure. En revanche, depuis que ma blessure est consolidée, j’ai un peu le sentiment d’être laissé de côté et c’est dommage. Mais je continue à aller de l’avant."

Témoignage du Général Jean-Paul Martial, chargé de mission auprès de la Directrice générale de l’ONACVG.

"Depuis 1916, l’Office national des anciens combattants assure le suivi dans la durée des anciens militaires blessés. Il s’inscrit pleinement dans le parcours normé du blessé : tant que le blessé est sous statut militaire, l’ONAC VG intervient en complémentarité des cellules d’aide aux blessés : il délivre par exemple la carte du combattant, la carte d’invalidité et la carte européenne de stationnement, ou accorde des aides financières et des aides aux prestations de service.

Durant toute cette période, l’ONAC est un contributeur qui agit à la demande du blessé ou des cellules d’aide. Quand le blessé est radié des contrôles et retourne à la vie civile, les cellules d’aide aux blessés transfèrent le suivi à l’ONAC VG, formalisé par le passeport du blessé. L’office met alors en place un suivi individualisé et personnalisé du blessé, grâce aux services de proximité de l’ONAC, présents dans chaque département.

Nous venons en aide aux plus démunis, aux plus isolés et aux plus fragiles. Nos personnels ont été formés à accueillir les anciens militaires blessés, les écouter, les orienter et les assister dans leurs démarches. Aujourd’hui, le parcours du blessé a gagné en cohérence et mobilise l’ensemble des acteurs, qui agissent toujours en coordination et en complémentarité."

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