Les mille visages de la douane française

06/01/2014

Les mille visages de la douane française

Tout le monde connaît la douane pour sa mission de lutte contre la fraude. Mais saviez-vous qu’elle agit aussi au quotidien pour le sauvetage de personnes en détresse ou la protection de l’environnement ? Plongée au cœur d’une administration aux multiples facettes… et prête à l’action.

Les douaniers au cœur de l’action

Au cœur d’un pays réputé le plus strict d’Europe, les agents de la douane ont un quotidien hors du commun, qui varie selon les services ou les spécificités de leur territoire d’intervention. Ces trois témoignages donnent un aperçu de la diversité de leurs missions.

Arnaud Bernier, agent de constatation des douanes sur la vedette garde-côtes des douanes de Bayonne.

« Comme les douaniers terrestres, le travail des douaniers maritimes consiste avant tout à contrôler : les marchandises sur les navires de commerce, les bateaux de plaisance, le respect de quotas de poissons sur les bateaux de pêcheurs. En fonction de la taille et de la provenance du bateau, nous décidons de procéder à un contrôle des documents puis à une fouille plus complète, où nous démontons le bateau.

En tant que plongeur, je dois inspecter la coque pour vérifier qu’il n’existe pas de fraude immergée. Mais les gens cachent de moins en moins les produits frauduleux : nous avons saisi récemment sept tonnes et demie de cannabis : le bateau était plein ! J’ai conscience que mon quotidien comporte une part de danger : quand on monte à bord d’un navire, on ne sait jamais sur qui on va tomber ! Mes collègues ont interpellé des criminels du grand banditisme il y a quelques semaines. Et quand j’étais en poste à Boulogne sur Mer, la marine nationale nous a appelés en pleine nuit pour intervenir sur un cargo russe qui avait quitté la zone autorisée et se rapprochait des côtes. Nous sommes montés à bord : celui qui tenait la barre était en coma éthylique et le reste de l’équipage dormait…nous avons réussi à réveiller tout le monde et remettre le cargo dans le droit chemin ! C’est ça aussi le métier de douanier ! »

Pascal d’Herbomez, plongeur parachutiste dans l’armée de Terre, puis agent de contrôle à l’aéroport de Roissy.

« La lutte contre la fraude est notre quotidien. Je travaille en civil pour ne pas effrayer les voyageurs lors du contrôle. Nous vérifions le contenu des valises de façon aléatoire la plupart du temps mais avec l’expérience, nous repérons les comportements suspects. Quand nous ouvrons un sac, nous portons des gants en vinyle car on ne sait pas ce que nous allons trouver ! Souvent les gens rapportent de la contrefaçon, des cigarettes : cette année, nous avons saisi 450 cartouches en une soirée, en contrôlant trois voyageurs ! Nous trouvons aussi des animaux comme des lézards ou des oiseaux enfermés dans des tubes pour les empêcher de voler. La nourriture avariée fait également partie de nos trouvailles : pythons découpés, singes morts, chèvre en morceaux dans une glacière… le risque de contamination est bien présent. Il y a quelques jours, j’ai ouvert une valise contenant des poissons et des viandes remplis d’asticots. Nous devons faire face à la colère des voyageurs à qui on saisit ce type de produits. Nous devons être psychologues et calmes mais nous sommes armés au cas où on tomberait sur une personne dangereuse. En fait mon métier est très opérationnel : sur chaque vol on trouve des choses différentes. Aucun jour ne se ressemble et c’est très stimulant ! »

Charles-Antoine Renault, contrôleur principal, chef d’unité de la brigade de surveillance extérieure d’Ajaccio. 

« Notre mission en Corse est polyvalente : nous sommes présents sur les ports, aéroports, aérodromes et aussi sur les routes. Nous contrôlons énormément de colis envoyés depuis le continent car la Corse est la région où les achats sur internet sont les plus nombreux.

Les contrôles de véhicules constituent une grosse partie de notre activité : l’été, plusieurs milliers de véhicules débarquent en Corse par ferry. Nous devons, en peu de temps, sélectionner les voitures à contrôler. L’expérience et le flair sont indispensables ! Sur les routes corses, les contrôles sont plus difficiles car le réseau n’est pas adapté : en général, nous nous installons sur une aire et c’est le groupe de motards de la douane qui sélectionne les véhicules à contrôler et les guide vers notre position. Nous avons toujours conscience du danger ; nous tombons parfois sur des gens agressifs. Mais nous sommes formés en continu pour ce type de contrôle et nous savons où nous positionner pour ne pas être renversés si le véhicule redémarre brutalement. Le travail en équipe est primordial et nous opérons beaucoup en collaboration avec d’autres services qui nous fournissent des informations sur des trafiquants : je me souviens d’une fois où, sur le continent, nous devions arrêter une personne à l’arrivée d’un train, selon des informations descriptives précises. Nous avons interpellé quelqu’un qui correspondait au signalement mais ce n’était pas la bonne personne. Toutefois, il était également chargé de produits stupéfiants ! La chance fait parfois partie du métier ! »

Le GMPA s’engage pour la branche surveillance

Conscient des risques professionnels spécifiques auxquels les douaniers en uniforme de la branche surveillance doivent faire face quotidiennement, l’association GMPA leur donne accès depuis 2011 à une gamme de contrats d’assurance adaptée à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

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