Médecines alternatives : le temps de la maturité ?

09/10/2014

Médecines alternatives : le temps de la maturité ?

Les médecines douces, un phénomène de société passager ? Tout le monde, y compris les pouvoirs publics, s’accorde à le reconnaître : avec des millions d’adeptes, ces thérapies alternatives font maintenant partie du paysage médical des Français. Entre doute et reconnaissance partielle, le « non conventionnel » le restera-t-il longtemps ?

Des pratiques multiples… et très répandues

Médecine douce, naturelle ou alternative ?

Réflexologie, Yoga, magnétisme, homéopathie, kinésiologie… la liste des médecines dites « non conventionnelles » est particulièrement longue et le terme recouvre des pratiques très hétérogènes. On en dénombre au moins 150 ! Alors, comment les définir ?
Finalement, le plus simple est peut-être de parler de médecine non allopathique, c’est-à-dire n’étant pas reconnue au plan scientifique par la médecine conventionnelle, les anglo-saxons utilisent d’ailleurs les termes de "unproven methods".

Le point commun de ces pratiques est ainsi de ne pas être enseignées au cours de la formation initiale des professionnels de santé, le ministère de la Santé réfutant d’ailleurs le terme même de « médecine » pour qualifier toute pratique n’ayant pas scientifiquement apporté la preuve de son efficacité.

Médecine complémentaire pour une guérison… au naturel.

Les pratiques de médecine douce portent généralement une promesse de réconciliation entre le corps et l’esprit. Les soins s’éloignent des vaccins, antibiotiques, anesthésiants et médicaments chimiques prônés par la médecine allopathique, à la faveur des produits naturels ou manipulations.

Un « retour au naturel » assez tendance… mais les principales thérapies alternatives ne datent pas d’hier. L’homéopathie, par exemple, a été fondée à la fin du XVIIIe siècle par un médecin allemand et l’acupuncture, arrivée en France au XIIe siècle, aurait été créée en Chine il y a plus de 2 000 ans !

Chiffre sur la médecine alternative


70 % des malades atteints d’un cancer auraient recours aux médecines alternatives complémentaires à un moment de leur parcours.

Engouement indéniable pour la médecine douce.

Au fil des années, avec la multiplication des pratiques, les médecines alternatives ont ainsi conquis des millions d’adeptes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 70 % des habitants de l’Union européenne ont eu recours … à la médecine douce au moins une fois dans leur vie.
  • Aux Etats-Unis, 83 millions de personnes consomment des produits naturels ou ont recours à une thérapie alternative.

Et en France :

  • 39 % des Français ont régulièrement recours à une médecine douce.
  • La moitié consomme de l’homéopathie.
  • 70 % pensent que l’acupuncture peut avoir un effet bénéfique sur leur santé.
  • 40 % des patients atteints d’une maladie grave recourent à la médecine naturelle.

Pourquoi cet attrait pour les pratiques thérapeutiques alternatives ?

Nous pourrions classer les (nombreuses) raisons par catégories :

  • Une certaine perte de confiance en l’industrie pharmaceutique, mise en cause par plusieurs scandales sanitaires.
  • Un refus des effets secondaires entraînés par la prise de médicaments, qui pousse vers les produits naturels.
  • Un espoir pour certaines maladies (par exemple certaines formes de cancer, ou les maladies orphelines), pour lesquelles les traitements « classiques » ne peuvent que réduire les symptômes.
  • Une quête de sens et de bien-être, la médecine allopathique s’étant centrée sur l’aspect mécanique du corps, au détriment d’une approche plus globale, voire philosophique de la maladie.
  • Une recherche d’écoute, les praticiens « alternatifs » étant souvent crédités d’une meilleure capacité d’empathie que les médecins.

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