Orphelins :  les chemins de la reconnaissance

24/03/2015

Orphelins : les chemins de la reconnaissance

Peu soutenus par la société, mal reconnus par l’Etat, difficiles à identifier par les statistiques… les orphelins et les parents survivants constituent une population à part, qui peine trop souvent à surmonter son deuil. Malgré des prises en charge spécifiques, telles que celle réservée aux pupilles de la Nation, le combat reste à mener pour assurer aux familles l’accompagnement dont elles ont besoin pour faire face aux bouleversements consécutifs à l’orphelinage.

La prise en charge de l’orphelinage : un combat à mener

Un statut mal reconnu

Depuis la disparition, en 1985, de l’allocation pour orphelin – au profit de l’allocation de soutien familial -, les orphelins semblent constituer une catégorie ignorée des statistiques courantes. Le terme n’est pas inscrit dans la politique familiale française et, du point de vue de l’administration, l’état d’orphelin n’est pas un attribut individuel, immédiatement repérable dans l’état civil. De son côté, la Caisse d’allocations familiales dispose bien d’une base de données à travers les aides qu’elle verse aux orphelins... mais celles-ci cessent en cas de remariage du parent survivant. Les orphelins disparaissent alors de la base.

En somme, les obstacles statistiques freinent les études sociologiques, et le manque d’études limite l’action publique. Un cercle vicieux souvent dénoncé par les orphelins et leurs familles, soutenus par quelques associations et organismes solidaires... dont le GMPA.

Le statut particulier des pupilles de la Nation

Des débats sur la prise en charge des orphelins sont donc nécessaires. Mais toutes les situations d’orphelinage sont-elles comparables ? Les pupilles de la Nation bénéficient sans doute d’un traitement spécifique qui pourrait faire école pour l’ensemble des orphelins.

La qualité de pupille de la Nation a été instaurée en France en 1917 pour offrir une protection supplémentaire (par l’Etat) aux enfants des victimes de guerre. Au fil des années, la possibilité de bénéficier de ce statut a été étendue à d’autres catégories de personnes, incluant différents corps d’armée mais aussi civils comme les résistants, les victimes d’attentats...

Les pupilles de la Nation sont toujours sous la responsabilité de leur famille, mais sont « adoptés » par la Nation. A ce titre, ces orphelins bénéficient d’un soutien spécifique en matière d’emploi, d’études, de fiscalité...

Pupilles de la Nation : qui peut le devenir ? Quels sont les effets du statut ?

Notre fiche pratique fait le tour de la question.

Pour ne pas ajouter l’isolement à la douleur

Pour les centaines de milliers d’orphelins ne bénéficiant pas de la qualité de pupille de la Nation, comment sortir de cette relative « invisibilité » et améliorer la prise en charge (financière, sociale et psychologique) des familles ? Les associations comme la FAVEC, l’UNAF, ou celles créées dans le monde de la défense et de la sécurité, s’entendent sur les leviers à activer :

  • Susciter le débat public et délier la parole, pour faire cesser les tabous autour de l’orphelinage et lutter contre l’isolement psychologique ;
  • Créer les conditions d’une véritable identification et quantification des orphelins, par la reconnaissance d’un statut d’état civil spécifique ;
  • Simplifier les démarches et procédures administratives pour le parent survivant ;
  • Assurer un soutien financier suffisant pour les familles, par une allocation « orphelin » spécifique, en augmentant la pension de réversion, en ouvrant des aides supplémentaires pour les conjoints survivants...
  • Faciliter la reprise d’une activité par les veuves et les veufs, notamment en assurant leur place parmi les publics prioritaires de Pôle emploi ;
  • Soutenir les familles au quotidien, par un suivi psychologique, par l’intermédiaire des aides ménagères, familiales, gardes d’enfants…

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