Solidarité : la fin du modèle français ?

27/06/2016

Solidarité : la fin du modèle français ?

Hausse du chômage, problème de financement de la Sécurité sociale, écart grandissant du niveau de vie entre les jeunes et les plus âgées : la solidarité semble s’affaiblir en France. A-t-elle encore sa place dans la société ? Décryptage.

Une solidarité critiquée

Depuis quelques années, les Français, jusqu’alors enclins à aider les plus démunis, critiquent désormais la légitimité du système de protection sociale français, selon une étude du Credoc.

L’individualisme a pris le dessus et le principe de solidarité est rejeté que ce soit entre les jeunes et les personnes âgées, les salariés et ceux qui recherchent un emploi, ou encore entre les pauvres et les riches.

L’aspect obligatoire de cette solidarité nationale est critiqué. Initialement décrit comme un élan naturel vers l’autre en toute liberté, la solidarité passe entre autres par une affiliation obligatoire au régime de sécurité sociale. Cet aspect est d’autant plus critiqué par les jeunes en bonne santé qui ont le sentiment de n’avoir aucune contrepartie à l’obligation d’être affiliés à la Sécurité sociale.

Financement de la protection sociale : qui paye pour qui ?

Les plus de 60 ans bénéficient majoritairement des dépenses de protection sociale qui représentent le double de celles consacrées aux moins de 25 ans. Entre le chômage, les faibles revenus, les difficultés d’accès au logement, les jeunes générations seraient sacrifiées au profit des plus vieilles. En réalité, cette différence s’explique par la démographie : les plus de 60 ans sont de plus en plus nombreux et par conséquent, un budget plus important leur est consacré.

Les plus de 60 ans sont davantage mis à contribution pour financer la cohésion sociale, notamment depuis l’introduction de la CSG au début des années 1990. Ce sont également eux qui financent les études de plus en plus longues des jeunes.

Globalement, les plus de 60 ans perçoivent beaucoup plus d’aides du système de protection sociale qu’un jeune de moins de 25 ans. Or, la pauvreté touche désormais 2,5 fois plus souvent les moins de 25 ans que les plus de 60 ans. Ce déséquilibre pose la question de l’équité de notre système mais aussi celui de sa pérennité.

le revenu universel

Depuis quelques mois, plusieurs personnalités politiques se sont emparées du sujet du revenu universel, aussi appelé revenu de base universel. Certains le décrivent comme le seul rempart face au croissant chômage de masse. L’idée est de verser à tout individu une allocation sans aucune condition, que l’on soit salarié, chômeur, jeune, plus vieux, riche ou pauvre. L’idée n’est pas nouvelle : elle a déjà été formulée il y a près de 50 ans. Mais en avril dernier, Manuel Valls, premier ministre français, a affirmé  ouvrir le chantier du "revenu universel".  Est-ce réalisable ? Les Indiens testent ce type de revenu depuis 5 ans, avec des résultats réellement positifs : meilleur accès aux soins, diminution des inégalités et croissance économique. La Finlande va également le mettre en place d’ici 2017 et la Suisse soumettra l’idée du revenu universel à un référendum. Si l’idée trouve de plus en plus d’adeptes, la question du financement reste pour l’instant sans réponse.

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