Comment prévenir un AVC ?

Comment prévenir un AVC ?

07/05/2015

Qu'est-ce qu'un AVC ?


L'AVC, qui signifie Accident Vasculaire Cérébral, est une pathologie (maladie) particulièrement grave, brutale qui atteint femmes comme hommes de 65 ans en moyenne. Elle peut également survenir chez des sujets plus jeunes voire chez des enfants et elle augmente en pourcentage avec l'âge à partir de 65 ans avec une nette augmentation à 70 ans pour les hommes et 76 ans pour les femmes. Grave parce qu'elle peut entrainer la mort et en cas de survie, des séquelles invalidantes.

 

Qu'est-ce qui entraîne un AVC ?


Le cerveau, comme toutes les parties du corps, est irrigué par un réseau vasculaire (artères, artérioles, veinules, veines). Deux phénomènes peuvent entraîner un accident au niveau d'une artère qui alimente tout un territoire du cerveau (parfois d'un calibre plus important, c'est l'artère carotide qui peut brutalement et totalement être obstruée) :

  • L'obstruction (thrombose) soit par la formation sur place d'un caillot de sang autour d'une plaque de matière graisseuse, soit par un caillot migrant d'une autre partie du corps (essentiellement le cœur) on parle alors d'embolie cérébrale, propulsé jusqu'à l'artériole dont le calibre ne permet plus la migration plus loin. Sous ses deux formes, elle représente 80% des AVC. Le résultat dans les deux cas est l'arrêt brutal, dans le territoire normalement irrigué par l'artériole atteinte, de l'oxygénation, de l'alimentation des cellules nerveuses (les neurones), donc rapidement la mort du tissu cérébral concerné. C'est ce que l'on appelle l'ischémie (infarctus) cérébrale.
  • La rupture d'une artériole, laquelle pouvait être antérieurement le site d'un anévrysme (petite poche créée par une faiblesse localisée des parois du vaisseau), rupture qui entraine une hémorragie cérébrale détruisant le tissu cérébral environnant. Elle représente 20% des AVC.

Dans le langage courant, l'AVC c'est l'attaque cérébrale.

 

Comment reconnaître les signes d'un AVC ?


Soudainement, la personne qui en est victime présente :

  • Une déformation de la bouche, un sourire non symétrique,
  • Une faiblesse d'un côté du corps, jusqu'à la paralysie, au niveau d'un bras, d'une jambe, voire au niveau des deux membres mais toujours d'un même côté,
  • Des troubles sensitifs,
  • Des troubles de la parole (difficultés à parler et à comprendre),
  • Des troubles visuels,
  • Des troubles de l'équilibre,
  • Des maux de tête,
  • Rarement une perte de connaissance.

Il faut alors agir vite car chaque seconde compte. Le but est que la personne soit hospitalisée dans les délais les plus brefs pour recevoir des soins appropriés visant à rétablir une circulation suffisante pour tenter une récupération la plus complète possible, sauf en cas de diagnostic d'hémorragie cérébrale où il faudra avoir parfois recours au geste chirurgical pour arrêter l'hémorragie. Il faut donc appeler en URGENCE le 15 ou le 112.

Ces troubles peuvent être observés mais de façon fugace avec une récupération spontanée en quelques secondes voire minutes. Il s'agit alors d'un AIT (Accident Ischémique Transitoire). Il reste indispensable que la personne soit prise en charge rapidement par une équipe médicale pour faire un bilan diagnostic et un traitement visant à éviter l'évolution potentielle vers l'AVC. Il faut donc faire appel au 15 et 112 pour une hospitalisation au service des Urgences.

 

Que faire en attendant les secours ?


  • Suivre les conseils prodigués par le médecin du SAMU.
  • Allonger la personne avec un oreiller sous la tête. Elle restera allongée jusqu'à l'arrivée des secours.
  • En cas de perte de connaissance placer la personne couchée en "chien de fusil" sur le côté (Position Latérale de Sécurité).
  • Impératif :ne pas la faire boire ni manger, ne lui donner aucun médicament.
  • Noter l'heure à laquelle les signes sont apparus.
  • Regrouper si possible les ordonnances et les résultats des derniers examens sanguins.

 

Comment prévenir un AVC pour l’éviter ?


Oui, car il existe toute une liste de facteurs de risques qu'il faut connaître et être à même de quantifier et de suivre. Certains de ces facteurs sont contrôlables :

  • L'hypertension artérielle, qui en cas d'élévation trop importante peut entrainer la rupture d'une artériole cérébrale,
  • L'hypercholestérolémie, facteur principal de la formation de la plaque d'athérome qui va venir diminuer le diamètre de l'artériole cérébrale, favorisant la formation d'un caillot,
  • La fibrillation auriculaire au niveau du cœur, principal facteur de "fabrication" de caillots sanguins dans l'oreillette gauche qui vont ensuite être propulsés violemment dans le circuit artériel jusque dans les artérioles cérébrales.
  • L'embonpoint, l'obésité,
  • Le diabète,
  • La consommation excessive et régulière d'alcool,
  • La sédentarité,
  • Le tabagisme,
  • Le stress pour lequel des études scientifiques récentes montrent son incidence sur des réactions vasculaires pouvant aboutir à un AVC.

D'autres sont considérés comme difficilement contrôlables voire incontrôlables :

  • L'âge,
  • Le sexe (on note un pourcentage plus élevé de femmes sujettes à un AVC que d'hommes au même âge. C'est la première cause de mortalité chez les femmes, avant l'infarctus du myocarde et le cancer du sein et la troisième cause de mortalité chez les hommes après les cancers de la sphère respiratoire haute et basse et les maladies du cœur),
  • Les antécédents familiaux. Il est clair que certaines familles présentent des générations successives sujettes à l'AVC.
  • L'origine ethnique. Les personnes ayant une ascendance africaine, hispanique ou sud-asiatique présentent fréquemment une pression artérielle (en particulier systolique) élevée et une plus grande faculté à développer un diabète que les autres ethnies.

Prévenir c'est minimiser le nombre d'AVC dont les conséquences sont souvent, des séquelles handicapantes, motrices, sensitives ou cognitives (la récupération complète exceptionnelle n'étant que de 1 sur 10). En France on compte en moyenne 130 000 nouveaux cas par an (AVC et AIT confondus).

Docteur André PETITET

Conflits d'intérêts : L'auteur n'a pas transmis de conflits d'intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d'une expérience de terrain, il existe d'autres produits, et d'autres protocoles de prise en charge.

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