Mon enfant est-il un hyperactif ?

Mon enfant est-il un hyperactif ?

25/03/2015

être hyperactif, c’est quoi ?


Un enfant hyperactif est un enfant dont l’activité motrice est augmentée et désordonnée, accompagnée d’impulsivité, de réactions agressives et de troubles de l’attention qui perturbent son efficience scolaire et sa vie de relation tant familiale que sociale. Il existe un terme officiel employé pour désigner cette pathologie : le Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH). C'est donc une véritable maladie qui touche près de 5% des enfants scolarisés. Non dépistée, elle peut entrainer des difficultés d’adaptation et de comportement.

On connait mal l’origine de l’hyperactivité, sans doute génétique, plus spectaculaire chez les garçons que chez les filles.

Pour qu’un enfant soit considéré comme hyperactif et donc demande une attention particulière, il faut que plusieurs facteurs soient présents et ce dès le plus jeune âge :

  • Manque d’attention soutenue, désintérêt pour les détails, étourderie, non respect des consignes et des règles, désintérêt pour l’effort intellectuel.
  • En permanence en mouvement, besoin de bouger et de se dépenser, bavardage permanent, interruption des conversations d’autrui.
  • Incapacité à se concentrer.
  • Instabilité émotionnelle, caractère imprévisible, versatile, volontiers colérique.
  • Impulsivité voire agressivité.
  • Difficulté à obéir.
  • Incoordination motrice voire signes neurologiques mineurs.

Il est clair que les enfants considérés comme hyperactifs ont trois fois plus de risque d’être confrontés à l’échec scolaire mais dans le même temps développent un potentiel intellectuel souvent élevé (QI statistiquement plus élevé que la moyenne) et surtout une imagination et une créativité remarquables.

Si devant une telle situation on doit en venir, avec les médecins spécialistes de ce trouble, à un examen clinique et para-clinique. Que doit-il comporter ?

  • Un examen physique global.
  • Une enquête familiale et une connaissance approfondie de l’histoire personnelle de l’enfant.
  • Un examen des capacités auditives et visuelles.
  • Un examen des capacités intellectuelles et psychomotrices.

Ceci pouvant être complété par :

  • Un électroencéphalogramme (EEG).
  • Un scanner cérébral avec des tomographies axiales (coupes spéciales).

Pour faciliter cet examen, il existe des questionnaires à remplir par les parents et qui peuvent apporter de précieux renseignements sur le vécu de l’enfant.

 

Mon enfant est hyperactif, existe-t-il un ou des traitements spécifiques ?


D’abord, s’intéresser de plus près aux réactions de l’enfant, ne pas le stresser en supplément, ne pas le gendarmer mais bien au contraire essayer de l’aider à affronter ses sautes d’humeur par une adaptation des tâches à accomplir. La patience est de rigueur bien que parfois difficile à exercer. Petit à petit il faut que s’installe un nouveau climat de confiance et de relation sentimentale avec l’enfant, passant outre ses réactions brutales et imprévisibles, pour lui prouver un réel intérêt en tant qu’individualité.

Ensuite, pour les cas avérés et les plus graves, il existe un traitement de référence : le méthylphénidate connu sous le nom de Ritaline®. Elle doit être prescrite et administrée aux enfants de plus de 6 ans, sous contrôle médical strict par des spécialistes ; neurologues, psychiatres pédiatriques. C’est un produit qui est inscrit sur la liste des stupéfiants et donc obéit à des règles très précises de prescription et d’administration. La pratique d’un sport (judo, arts martiaux, escrime…) qui impose le respect de règles strictes est un bon moyen pour aider l’enfant hyperactif à se concentrer et à accéder à des récompenses de ses efforts. 

Au total, l’hyperactivité d’un enfant, le TDAH, doit être prise très tôt au sérieux dans la vie de l’enfant. C’est par une attention particulière aux troubles qu’il présente, avec proposition de moyens simples mais permanents pour les corriger, en obtenant sa confiance, que les conséquences de cette pathologie seront atténuées au profit d’une meilleure insertion scolaire et familiale. Le recours au traitement médicamenteux n’est réservé qu’aux cas sévères.

 

Docteur André PETITET

Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

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