Vous avez dit

Vous avez dit "douleur" !

03/06/2015

Les 2 définitions que l’on trouve dans les dictionnaires n’apportent guère d’éclairage sur le sujet de la douleur :

  • Expérience sensorielle et émotionnelle désagréable ;
  • Sensation pénible, désagréable, ressentie dans une partie du corps.

 

comprendre la douleur et son mécanisme


Notre peau et certaines pièces anatomiques qui y sont rattachées (ongles, cheveux…) ainsi que nos organes internes sont équipés de capteurs sensoriels. Aucune surface du corps où à l’intérieur, si petite soit-elle, n’échappe à cette présence, sauf, paradoxalement au niveau du cerveau. Ces capteurs sont en permanence en alerte et dès qu’une perturbation de leur vigilance apparait (choc, pincement, brûlure, plaie, etc.), ils déclenchent une procédure d’urgence destinée à avertir qu’un phénomène agressif se produit. Cette alerte, c’est la douleur.

 

les différents types de douleur


A partir des capteurs sensoriels, des voies nerveuses spécifiques vont transmettre immédiatement le message à la grande voie neurologique centrale : la moelle épinière. Si l’alerte est brutale, le cerveau n’aura même pas le temps d’être averti pour réagir : c’est le retrait réflexe, par exemple en cas de brûlure. Puis le message parvient au niveau des structures spécialisées du cerveau qui organisent alors la défense par cette sensation particulière : la douleur.

On distingue deux sortes de douleur :

La douleur aigüe

Vive, immédiate et généralement brève. Elle joue un rôle d’alarme immédiate qui va permettre au corps de réagir. Elle peut dans certains cas se prolonger sur plusieurs heures voire jours. On parle alors de douleur subaigüe.

La douleur chronique

Preuve d’une irritation permanente d’une zone du corps, que ce soit en superficie ou en profondeur au niveau des organes internes.
 

Comment soulager la douleur ?


Dans le cas de la douleur aigüe, le corps se défend en adoptant une attitude de prudence, voire d’immobilité ou d’attitude compensatoire (position figée avec les mains sur la zone douloureuse). Dans l’immédiat, des moyens physiques peuvent aider à calmer l’alerte des capteurs sensoriels, par exemple en appliquant du froid. Le corps réagit aussi en secrétant localement puis au niveau du cerveau des produits analogues à la morphine : les endorphines, dont le rôle est d’abaisser le niveau de la douleur.

Dans le cas de la douleur prolongée et chronique, il faut d’abord rechercher si elle n’est pas liée à un trouble profond ou à une maladie : migraine, arthrose, douleurs post-opératoires, artérite, cancer…Il convient alors d’utiliser des produits visant à modifier le seuil de perception de la douleur : les antalgiques. Ils sont désormais classés en trois niveaux progressifs :

  • Niveau 1 – Aspirine, Paracétamol, Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
  • Niveau 2 – Codéine, Tramadol (en cas de persistance de la douleur)
  • Niveau 3 – Morphine et ses dérivés (en cas de douleur persistante et handicapante)

Il faut noter, en plus des douleurs aigües ou subaigües, chroniques, il existe des douleurs qui proviennent de troubles psychiques. Il ne faut pas les sous-estimer. Leur traitement est alors lié à l’état psychique : antidépresseurs, anxiolytiques.

Apprécier le niveau de la douleur n’est pas chose simple tant elle est subjective. En dehors de l’interrogatoire et de l’examen physique, les médecins font appel à des échelles visuelles graduées de 1 à 10 que la personne utilise pour catégoriser sa douleur.

La douleur, qu’elle soit aigüe, subaigüe ou chronique doit toujours être prise au sérieux pour connaitre son origine, tenter de la minimiser voire de l’éradiquer. Une douleur qui persiste dans le temps est l’indicateur d’un dysfonctionnement auquel, avec l’aide du médecin, il faut remédier.

 

Auteur : Docteur André Petitet

Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

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