Le boom de la santé connectée

09/10/2015

Le boom de la santé connectée

L’avancée de la technologie touche de plus en plus le domaine de la santé et s’invite désormais dans notre quotidien : applications mobiles, sites d’information, télémédecine... Désormais, la e-santé aussi appelée santé connectée se présente comme une solution à part entière pour lutter contre les bouleversements du secteur de la santé.

La santé connectée et les médécins

De plus en plus de médecins utilisent les objets connectés dans leur travail au quotidien : ils reconnaissent l’utilité des données récoltées par les patients, telles que le pouls, la tension ou le poids.

Des médecins ont lancé leurs propres innovations : il y a plusieurs années, des diabétologues se sont associés à des ingénieurs pour créer le système Diabeo, un service de suivi personnalisé du diabète entre le patient et son médecin, grâce à des applications web et mobiles. Au Mans, un médecin vient de mettre au point, avec un chercheur du CNRS de Rouen et un informaticien, une application capable de détecter une rechute de cancer du poumon. Chaque semaine, le patient reçoit sur son téléphone portable ou son ordinateur un lien internet auquel il se connecte et renseigne des indications sur son état de santé. Ces informations sont envoyées sur un serveur sécurisé. Le logiciel les analyse et alerte le médecin s’il détecte une anomalie. Le médecin prend alors contact avec le patient, vérifie les informations, et le convoque immédiatement au besoin pour commencer le traitement. Le patient est ainsi pris en charge six semaines plus tôt que dans un suivi classique.

Le gouvernement a conscience du potentiel de la e-santé : récemment, il a tenté de ranimer le "dossier médical personnel", désormais renommé en "dossier médical partagé". Lancé il y a dix ans, le DMP permet aux patients et aux professionnels de santé d’accéder à tout un tas d'informations : comptes-rendus hospitaliers de la personne concernée, antécédents médicaux et chirurgicaux, traitements en cours, résultats d’analyses, etc. Entièrement gratuit, ce dossier est créé sous réserve du consentement du patient et mis en œuvre par l’Assurance maladie. Aujourd’hui, seulement 530 000 dossiers ont vu le jour en France et certains médecins grincent des dents, voyant dans cet outil un moyen pour le patient de changer de praticien quand bon lui semble, en ayant toujours sur lui son passé médical.

 

Les risques

  • L’obsession de la mesure : l’utilisation d’objets connectés soulève de nombreuses interrogations : ces objets ne risquent-ils pas de faire basculer l’utilisateur dans une obsession de la mesure, qui peut à long terme devenir culpabilisante ou anxiogène ? N’existe-t-il pas un risque que le patient analyse lui-même ses données ? Les médecins craignent que les patients ne s’en remettent qu’à des consultations à distance et boudent leur cabinet.
  • La protection des données personnelles : pour un Français sur deux, il existe des craintes quant à la confidentialité des données : la multiplication des applications conduit à une explosion du partage des données personnelles. Ces données médicales sensibles pourront–elles rester confidentielles ? Où seront-elles stockées ? Qui pourra les utiliser ? Les détracteurs de la e-santé pointent le risque de voir germer un système « Big brother » où les utilisateurs pourraient être pénalisés par leur employeur ou leur assureur en cas de comportement à risque. Chiffre-clé : TOP 3 des objets connectés : le glucomètre, le tracker d’activité, la balance connectée.

Chiffres-clés

  • TOP 3 des objets connectés : le glucomètre, le tracker d’activité, la balance connectée.
  • 21,5% des malades chroniques ont déjà téléchargé et utilisé une application santé. (source Le Lab e-santé)

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