Le système de santé en France : état des lieux

02/04/2013

Le système de santé en France : état des lieux

Déremboursements progressifs, mise en place du parcours de soins, essor des complémentaires santé… Depuis 1945, notre système de santé a changé de visage. Néanmoins, les fondamentaux restent, et le gouvernement actuel a pris quelques mesures phares pour pallier certains dysfonctionnements.

Les Français renonceraient-ils à se soigner ?

Avec une dépense publique de près de 2 800 euros par habitant en 2009, la France se situe dans le peloton de tête des pays les plus « doctorophiles » d’Europe. Les Français continuent donc de se soigner… Néanmoins, une enquête menée fin 2012 démontre que 20 % de la population auraient retardé certains soins, ou littéralement renoncé à en bénéficier. Par ailleurs, 27% des Français déclarent être allés aux urgences, soit pour raccourcir les délais, soit pour payer moins cher…

Les jeunes sont les premiers à renoncer aux soins

Davantage préoccupés par leurs difficultés financières et particulièrement exposés à la crise, les 18-24 ans relèguent la santé au second – voire au troisième – plan. Selon la LMDE (Mutuelle des Etudiants), ils seraient aujourd’hui 34 % à y renoncer, contre 25 % en 2005. Par ailleurs, un étudiant sur cinq ne souscrit aucune mutuelle… des chiffres d’autant plus préoccupants que cette population se montre moins sensible aux bonnes pratiques d’hygiène et de santé.

Les 3 raisons pour renoncer à certains soins

Au-delà de la situation spécifique des jeunes, pourquoi une partie de la population française, pourtant bien lotie en matière de remboursements, renonce-t-elle à certains soins ?

  • Raison n° 1 : le coût restant à charge
    Depuis une nouvelle série de déremboursements en 2010, 9,4 % des dépenses de santé restent à la charge des ménages. Parallèlement, les dépassements d’honoraires chez les médecins spécialistes connaissent une très forte hausse… In fine, ces facteurs génèrent un « effet ciseaux » qui freine le recours à la consultation médicale, pour de « simples » raisons budgétaires.
  • Raison n°2 : le délai d’attente
    Celui-ci est invoqué comme raison de renoncement par six Français sur dix ! Et pour cause : un rendez-vous pris chez un dermatologue se concrétisera en moyenne après 38 jours, après 51 jours chez un gynécologue… et après 104 jours chez un ophtalmologue. Par ailleurs, ces délais ont tendance à s’allonger en milieu rural.
  • Raison n°3 : l’inégalité devant « l’offre » de médecins
    Aujourd’hui, 2 à 3 millions de Français vivent dans ce qu’on appelle un « désert médical », que ce soit en milieu rural ou dans des quartiers urbains défavorisés. Un facteur-clé dans le renoncement aux soins, a fortiori lorsque les patients sont confrontés à des difficultés de mobilité.

LE CHIFFRE

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C’est l’évolution du taux de dépassement d’honoraires chez les médecins spécialistes entre 1990 et 2010 (selon un rapport de la Caisse nationale d’assurance maladie publié en 2012).

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