Médecines alternatives : le temps de la maturité ?

09/10/2014

Médecines alternatives : le temps de la maturité ?

Les médecines douces, un phénomène de société passager ? Tout le monde, y compris les pouvoirs publics, s’accorde à le reconnaître : avec des millions d’adeptes, ces thérapies alternatives font maintenant partie du paysage médical des Français. Entre doute et reconnaissance partielle, le « non conventionnel » le restera-t-il longtemps ?

Légitimité de la médecine douce par les pouvoirs publics

La position "officielle"

Quoi qu’il en soit, le nombre de patients concernés et un consensus sur un apport bénéfique de certaines thérapies obligent les pouvoirs publics et les instances médicales à prendre position. La Suisse par exemple, a reconnu les "médecines complémentaires" dans sa Constitution et a intégré, à l’essai, cinq médecines alternatives dans le remboursement de l’assurance-maladie obligatoire . En France, l’Académie de médecine a reconnu en 2013 l’utilité de quatre pratiques :

  • L’acupuncture
  • L’hypnose
  • La médecine manuelle (ostéopathie, chiropraxie)
  • Le Tai-chi

Toujours selon l’Académie de médecine, ces thérapies peuvent être utilisées pour traiter les douleurs de cou, de dos et de tête, et pour prévenir les effets secondaires de la chimiothérapie. Plusieurs hôpitaux ont d’ailleurs intégré un service d’acupuncture, et d’autres exemples témoignent de l’incursion des médecines alternatives dans le milieu médical conventionnel :

  • A l’hôpital Robert Debré (Paris), on peut opter pour l’hypnose en remplacement de la péridurale.
  • Le CHU de Nîmes propose la relaxation, les massages ou l’hypnose comme thérapies complémentaires dans la lutte contre la douleur.
  • L’hôpital d’instruction des armées Legouest à Metz propose une thérapie avec le cheval aux militaires atteints de stress post traumatique : au cours de la séance, les patients observent le cheval et interprètent sa réaction selon leur expérience personnelle et leur traumatisme. Grâce à cet échange, ils se réapproprient des sensations, des expériences corporelles, émotionnelles et relationnelles afin de mettre des mots sur leurs traumatismes.

Point de vue

"Ces pratiques (doivent rester) à leur juste place : celle de méthodes pouvant compléter les moyens de la médecine (…). Elles ne doivent jamais être choisies comme premier recours par les patients, ni comme une solution de remplacement (…). A l’hôpital, elles doivent rester intégrées dans la pratique des équipes soignantes, en supplément des moyens thérapeutiques validés, et ne jamais s'en isoler".

Extrait du rapport de l’Académie de médecine, 5 mars 2013.

Néanmoins, "banalisation" ne signifie pas reconnaissance par les pouvoirs publics. Aujourd’hui, seule l’ostéopathie est reconnue en tant que "profession médicale", alors que l’acupuncture et l’homéopathie ne sont considérées que comme des "orientations médicales".

Vers une labellisation de la médecine douce ?

Les débats restent ouverts et pendant ce temps… les écoles de formation fleurissent ! Stages de réflexologie ou d’acupuncture, initiation aux huiles essentielles ou à l’aromathérapie… les praticiens se multiplient et les patients finissent par s’y perdre un peu. C’est pourquoi, afin d’encadrer le "marché" et orienter le grand public, le Centre d’analyse stratégique propose la création d’un label.
Nous disposons d’un bon exemple en Allemagne, où les praticiens en médecines naturelles doivent réussir un examen officiel du ministère de la Santé pour obtenir le statut de Heilpratiker ("praticien de santé").

D’une manière générale, nous allons sans doute vers une clarification de la situation juridique de ces médecines douces et vers l’encadrement des praticiens, afin de prendre en compte certaines pratiques non conventionnelles tout en assurant la sécurité des patients.

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