Médecines alternatives : le temps de la maturité ?

09/10/2014

Médecines alternatives : le temps de la maturité ?

Les médecines douces, un phénomène de société passager ? Tout le monde, y compris les pouvoirs publics, s’accorde à le reconnaître : avec des millions d’adeptes, ces thérapies alternatives font maintenant partie du paysage médical des Français. Entre doute et reconnaissance partielle, le « non conventionnel » le restera-t-il longtemps ?

Quand les praticiens parlent de médecine douce…

Entre doute et acceptation… trois témoignages de praticiens sur les médecines douces.

Florence Delerm, psychologue et auteur

"En tant que psychologue, je vois de plus en plus de patients sous antidépresseurs qui veulent se libérer des traitements chimiques car ils souffrent d’effets secondaires et savent que la cause de leur dépression n’est pas résolue par ce biais. Ces patients cherchent à comprendre et à soulager l’origine de leur mal-être et pas seulement à en réduire les symptômes. Aujourd’hui, de plus en plus de psychothérapeutes sont formés à des pratiques, telles que l’hypnose, qui apportent des bienfaits réels : le patient se relaxe rapidement et reprend confiance en sa propre capacité à aller mieux. Un grand nombre de symptômes, et notamment chez les enfants, peuvent être éliminés très rapidement par ce type de thérapie. Dans le cas d’une maladie grave, les médecines alternatives permettent de renforcer le système immunitaire et de réduire les effets secondaires des traitements lourds. Par médecines alternatives, je parle notamment de l’acupuncture, de l’homéopathie, de la phytothérapie, d’un régime alimentaire approprié, de l’hypnose, de la méditation ou toute approche qui permettent de se relaxer, d’un accompagnement par un psychologue ou un psychiatre compétent face à ce type de pathologie. La médecine allopathique sauve des vies mais ne prend pas en compte l’individu dans son entièreté."

Bernard Debré, chef du service urologie de l'hôpital Cochin, député UMP de Paris (au journal Le Point, octobre 2010).

"Je conseille tout le temps d'associer la médecine moderne aux complémentaires. Ainsi, dans mon service de Cochin, nous utilisons l'acupuncture. Pour les membres du personnel qui le désirent, nous avons des séances de shiatsu et de massage ayurvédique. Je suis très favorable aux médecines complémentaires et alternatives les plus raisonnables. Certaines ont fait les preuves de leur efficacité. Comme l'acupuncture, dont on a montré comment elle fonctionnait. La phytothérapie est la mère de toutes les médecines."

David Khayat, chef du service de cancérologie à la Pitié-Salpêtrière, responsable du Plan anti-cancer de 2002 à 2007 (au journal Le Point, octobre 2010).

"J'ai dans mon service un acupuncteur, un hypnothérapeute et même un homéopathe. Ils aident à soigner les troubles alimentaires et les angoisses déclenchés par nos traitements lourds. On apprend des choses durant ces consultations où les malades se libèrent davantage. Du reste, elles sont pleines à craquer. J'ignore s'il existe derrière des mécanismes physiopathologiques vraiment objectifs. Peut-être ces médecines font-elles du bien à cause du temps passé avec le patient à l'écouter. En tout cas, certaines médecines alternatives sont extrêmement positives pour les patients dans des situations difficiles. C'est le côté positif des médecines douces, mais il existe aussi un côté plus sombre... C'est le deuxième type de médecines alternatives, celles qui essaient de se substituer à notre médecine. J'ai vu, malheureusement, un certain nombre de cas de malades qui y ont clairement perdu des chances de guérir."

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