Prévenir pour ne plus soigner

29/03/2016

Prévenir pour ne plus soigner

Le système de santé en France semble être dans une impasse. Aujourd’hui, les réformes de l’Assurance-Maladie se succèdent mais le financement de notre système n’est pas garanti pour les années à venir. Face à ce constat alarmant, la prévention apparaît comme une solution miracle qui permettrait de réduire de nombreuses dépenses de santé. Mais peut-on réellement passer d’un système curatif à un système préventif ?

Interview de Xavier de Paris sur la prévention Santé

Le médecin général Xavier de Paris dirige le Centre d’épidémiologie et de santé publique des armées (CESPA). Pour lui, la prévention dans le domaine de la santé est extrêmement importante et les armées développent de plus en plus le sujet auprès des militaires.

Pourquoi la prévention apparaît-elle comme une solution pour notre système de santé ?

Depuis que la médecine existe, nous avons développé une culture de médecine individuelle et curative. Les grands noms comme Pasteur n’ont pas réussi à inverser le phénomène. Au XXIe siècle, les décideurs politiques ont pris conscience que la prévention était un réel outil pour améliorer notre santé, que ce soit dans les armées, au travail ou dans notre quotidien. La nouvelle loi de modernisation de notre système de santé présente la prévention comme un axe important de la politique à mettre en œuvre.

Quelle importance revêt la prévention dans les armées ?

L’armée a toujours fait de la prévention au quotidien. En 1914, les soldats français étaient tous vaccinés contre la typhoïde afin d’éviter les épidémies. En s’engageant dans l’armée, les jeunes sont vaccinés pour pouvoir aller en opérations extérieures (OPEX). Dans le même esprit, quand plusieurs centaines d’hommes sont projetés sur un théâtre d’opérations, tout est mis en œuvre pour faciliter l’hygiène et éviter ainsi les maladies. Nous menons beaucoup d’actions de prévention, notamment avant les départs en OPEX mais aussi sur place et au retour d’OPEX. L’objectif est de préserver nos troupes : chaque année, nous déplorons un décès amputable au paludisme. C’est évitable si on adopte les bons gestes. Pour cela, il faut changer les comportements. N’oublions pas que le facteur humain est au cœur du système de prévention.

De quelle manière les armées vont-elles développer la prévention dans les années à venir ?

Les armées ont le projet ambitieux de de créer des bases de données pour dégager une stratégie de santé. Il va falloir observer les habitudes de consommation de soin, les besoins de santé chez nos militaires mais aussi leurs familles afin de mettre au point des outils modernes pour surveiller leur santé. Nous allons également développer l’information sur la prévention avec de nouveaux supports plus ludiques. Enfin, nous souhaitons créer dans chaque centre médical des armées, un poste de "préventeur" qui aura pour mission de sensibiliser les cadres de contact à la responsabilité qu’ils ont face à leurs hommes. Nous envisageons aussi d’instaurer dans les écoles de formation, une formation à l’hygiène en campagne afin de sensibiliser les futurs cadres à la prévention. C’est essentiel pour maintenir une capacité opérationnelle sur chaque théâtre d’opérations.

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