Prothèses : la technologie au service des blessés

13/07/2018

Prothèses : la technologie au service des blessés

La blessure fait partie des risques du métier militaire. La dureté des conflits auxquels a pris part l’armée française ces dernières années a fait augmenter le nombre de blessés parmi nos soldats : polytraumatismes, amputations mais aussi stress psychologique. Pour réparer les corps, l’armée s’appuie sur la technologie de pointe. Comment cette technologie bénéficie aux blessés ? Ces prothèses bioniques apportent-elles une réelle amélioration dans leur existence ? Décryptage.

La technologie au service des blessés

Près de 620 militaires français ont été blessés par armes à feu ou engins explosifs lors d’opérations extérieures, entre 2007 et 2016, selon la Revue annuelle de la condition militaire (édition 2017).

L’année 2011 a été particulièrement rude, avec 168 blessés et 28 tués. Le ratio de 1 mort pour 6 blessés montre l’efficacité des équipes de chirurgie du service de santé des armées et la prise en charge immédiate et optimale des blessés sur le terrain. En revanche, cela implique un nombre de blessés graves plus important, avec des séquelles lourdes.

Les soldats qui rentrent vivants en France sont polytraumatisés. Nombreux sont ceux qui doivent affronter l’amputation : en effet, l’équipement du soldat sur le terrain protègent le tronc et la tête. Les membres, eux, sont exposés aux balles et aux éclats d’obus.

Ces jeunes blessés, âgés en moyenne de 25 ans, doivent réapprendre à vivre avec leur handicap. Pour les aider à retrouver leur autonomie, de nombreux organismes œuvrent aux côtés de l’institution pour doter ces blessés de membres mécaniques et ultratechnologiques.

De l’esthétique à la fonctionnalité

Un peu d’histoire : les techniques de reconstruction des corps sont liées depuis toujours à la guerre.

Les premières traces de prothèses en bois remonteraient au temps des Perses. Plusieurs siècles plus tard, les écrits relatent l’histoire d’un général romain qui reçut une main de fer pour pouvoir retourner sur le champ de bataille et tenir son bouclier.

Au XIXe siècle, la fabrication de prothèses est réalisée par les usines d’armement. Avec les deux guerres mondiales, la production de prothèses explose. Développement de nouvelles techniques de réparation des corps : on passe de la prothèse esthétique, qui camoufle le handicap et la blessure, aux prothèses fonctionnelles qui permettent de retrouver certaines fonctionnalités du membre manquant.

A la fin des années 80, une troisième prothèse, la prothèse myoélectrique apparaît : elle allie les avantages esthétiques et fonctionnels. Aux Etats-Unis, la réparation des soldats blessés est une priorité : un militaire amputé doit pouvoir retourner sur le terrain, aidé par la technologie. Le pays a d’ailleurs été le premier à commercialiser en 2014 une prothèse de bras bionique.

Comment ça marche ?

Les prothèses bioniques sont capables de réaliser plusieurs mouvements à la fois en utilisant des signaux électriques, générés par la contraction des muscles situés à proximité de l’endroit où la prothèse est fixée. Mécanique très performante, la prothèse doit être reliée aux nerfs moteurs et sensitifs, grâce à des capteurs et un fil électrique reconnaît l’information envoyée au cerveau. La prothèse bionique est un membre entier : les muscles et les articulations sont remplacés par un système qui fonctionne de manière autonome. Le blessé amputé pourra retrouver une fonction et une indépendance. Aujourd’hui, l’espoir de ces soldats mutilés repose sur le développement de ces technologies ultra performantes.

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