Prothèses : la technologie au service des blessés

13/07/2018

Prothèses : la technologie au service des blessés

La blessure fait partie des risques du métier militaire. La dureté des conflits auxquels a pris part l’armée française ces dernières années a fait augmenter le nombre de blessés parmi nos soldats : polytraumatismes, amputations mais aussi stress psychologique. Pour réparer les corps, l’armée s’appuie sur la technologie de pointe. Comment cette technologie bénéficie aux blessés ? Ces prothèses bioniques apportent-elles une réelle amélioration dans leur existence ? Décryptage.

La découverte du CERAH

Antenne de l’Institution nationale des Invalides, le CERAH (centre d’études et de recherche sur l’appareillage des handicapés) accueille les militaires amputés et les victimes d’attentats. Didier Azoulay, le responsable de l’unité appareillage, a ouvert, les portes de son service.

Dans le couloir du CERAH, à Créteil, Cyril montre la technologie high-tech de ses deux prothèses. Amputé bilatéral suite à une explosion en OPEX en 2016, il bénéficie de prothèses dernier cri, les Gemium X3. Ces jambes ultra technologiques lui permettent de se déplacer sans cannes, de détecter les déformations du terrain, et peuvent même être immergées, grâce à un détecteur spécifique. Développées aux Etats-Unis, elles sont susceptibles de supporter un poids de 50 kilos en plus du corps, et permettent au soldat blessé de retourner au combat, malgré l’amputation. Cyril a pu bénéficier de cette technologie de pointe très rapidement.

Le parcours du blessé

Dès que les blessés arrivent à Percy, l’équipe du CERAH intervient : dans les 20 jours qui suivent l’amputation, une première prothèse peut être posée, en concertation avec les médecins, orthoprothésistes, kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychologues. « Chaque cas est particulier, explique Didier Azoulay, responsable de l’unité appareillage. Nous tenons compte du projet de vie de chaque patient, nous évaluons les besoins et nous décidons ensuite du matériel le plus approprié. Les prothèses que possède Cyril sont très développées. Il n’en existe que 1000 dans le monde. Elles sont constituées de capteurs, d’un gyroscope et d’un accélérateur. » Ce type de prothèse nécessite un entretien annuel et a une durée de vie limitée à 6 ans. Le CERAH reçoit une quinzaine de demandes de prothèses de haute technologie chaque année. Il assure également l’entretien des prothèses de première génération déjà posées.

L’électronique au service des blessés

Dans son atelier de réparation des prothèses, Didier Azoulay possède l’éventail de la gamme de prothèses : système hydraulique ou électronique, lame pour courir, prothèses avec microprocesseur, … Tout est pensé pour permettre au blessé la réalisation d’activités qu’il souhaite pratiquer. « Le matériel permet de faire beaucoup de choses, précise Didier Azoulay, mais il ne faut pas oublier que le blessé, pour pouvoir se déplacer avec une prothèse ou deux, doit fournir au minimum 50% d’efforts en plus. Les nouvelles technologies permettent au reste du corps de ne pas compenser le handicap. Toutefois, une dépense énergétique supplémentaire est indispensable. » Aujourd’hui, près de 85% des amputés en France sont des personnes âgées, atteints de maladies vasculaires ou de diabètes. 15% sont des amputés liés à un traumatisme. Sur cette portion de blessés, seuls 5% peuvent recevoir et financer des prothèses de haute technologie.

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