Quels engagements pour le grand âge ?

09/05/2019

Quels engagements pour le grand âge ?

D’ici 2060, la France comptera près de 5,4 millions de personnes âgées de plus de 85 ans. Ce boom démographique aura des répercussions sur l’ensemble de la société, sur les plans médicaux, financiers, familiaux,… Pour faire face à ce vieillissement, un nouveau modèle doit être inventé et des solutions doivent être apportées pour soutenir ceux qui connaissent la dépendance. Décryptage d’une situation qui touche de plus en plus de Français.

La prise en charge des personnes dépendantes

Le 28 mars dernier, la commission Libault rendait son rapport issu de la concertation sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Lancée en octobre 2018 par la ministre des solidarités et de la santé, qui reconnaissait dans les médias que « nous sommes tous concernés par
le vieillissement et savons, aujourd’hui, que le modèle mis en place il y a quelques années ne fonctionne plus. » Cette concertation portait sur les problématiques rencontrées par les personnes en situation de dépendance et leur entourage. Le rapport Libault, remis à la ministre de la Santé, préconise 175 mesures pour atteindre cet objectif. Ces orientations s’articulent autour de trois grands axes : une amélioration de l’offre en établissement et à domicile, un coup de pouce pour les métiers du grand âge et une réduction du reste à charge. Un programme ambitieux mais nécessaire face aux défis au vieillissement.


De plus en plus de personnes âgées

Selon l’Insee, la part de la population de plus de 75 ans augmentera de 72% d'ici quarante ans.
Les enfants nés pendant le baby boom post seconde guerre mondiale s’apprêtent à devenir
des papy boomers. Dans 50 ans, la France comptera 200.000 centenaires, soit treize fois plus qu'aujourd'hui. Ce vieillissement s’accompagne inexorablement d’un accroissement du nombre de personnes âgées dépendantes.

L'âge moyen de la dépendance,actuellement autour de 83 ans, recule régulièrement. Et les structures de soin et d’accueil ne sont pas toujours adaptées à cette évolution. En mars 2018,
pour la première fois, les aides-soignants, les infirmiers mais aussi les encadrants d’Ehpad descendaient dans la rue pour dénoncer leurs conditions de travail et se faire le porte-parole de certaines personnes âgées qui vivent parfois de manière précaire, voire indécente, dans ces établissements.

L’Etat fait face à un réel problème car à l’heure actuelle, peu de dispositifs sont prévus pour maintenir les personnes à leur domicile. Or, une adaptation du logement est nécessaire.
Ces travaux peuvent être en partie financés par l’agence nationale pour l’habitation, la Caisse nationale d’assurance vieillesse ou encore les collectivités territoriales. Financées totalement ou partiellement par l’allocation personnalisée d’autonomie, ces aident assurent la conservation du lien social de la personne qui reste à vivre à son domicile, malgré sa perte d’autonomie.

 

Chiffre-clé :

41% de personnes âgées dépendantes sont en maison de retraite, contre moitié moins dans la plupart des pays européens.


Quel financement ?

La France alloue aujourd'hui 24 milliards d'euros au financement public de la dépendance,
soit environ 1% de la richesse nationale. Cette somme recouvre les dépenses de santé, d'hébergement, de prise en charge médico-sociale. Il faut y ajouter les dépenses à la charge des ménages, estimées à environ 7,2 milliards d'euros. Ce chiffre devrait plus que doubler d'ici 2060 pour atteindre 16,6 milliards d'euros, d'après le rapport du ministère de la Santé et des affaires sociales de 2014.

Les Français estiment que la sécurité sociale devrait contribuer en priorité au financement de la prise en charge de la dépendance, devant les mutuelles et les personnes elles-mêmes via leur épargne.
Le montant des aides allouées par l’Etat reste souvent insuffisant au regard des besoins.
Par exemple, la dépendance lourde peut représenter en moyenne un budget mensuel de 2.000
à 3.000 €. Or, près de 80% des personnes âgées dépendantes hébergées en institution disposeraient d'un revenu inférieur au coût de leur séjour. Pour les plus bas revenus,
l'Aide Personnalisée d’autonomie ne suffit pas. C'est donc aux personnes et aux familles d’anticiper la dépendance.

Pourtant, en 2015, seulement 6,8 millions de Français avaient souscrit un contrat d'assurance contre la dépendance. Même si ce chiffre est en hausse nette par rapport
aux années antérieures, il ne résout pas le problème du financement de la dépendance qui reste entier.

quelle tarification pour les EHPAD ?

Une place en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) coûte en moyenne 2.500 euros mensuels, dont 2.000 euros en moyenne à la charge des familles toutes aides déduites.

Face à ces tarifs onéreux et difficilement accessibles, le gouvernement étudie un paiement des Ehpad en fonction du revenu du résident afin de diminuer le reste à charge des plus modestes, comme ce qui existe déjà pour les tarifs en crèche.

Cette initiative n’est pas nouvelle puisque la commission des affaires sociales du Sénat l'avait proposée début 2018. Les dirigeants des Ehpad eux-mêmes ne semblent pas opposés à la mesure puisque l’AD-PA, l'Association des Directeurs au service des Personnes Agées représentant les directeurs d’établissements, a déclaré que le modèle actuel ne pouvait plus fonctionner aujourd’hui et qu’il y a "une nécessité de repenser le financement".

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