Quels engagements pour le grand âge ?

09/05/2019

Quels engagements pour le grand âge ?

D’ici 2060, la France comptera près de 5,4 millions de personnes âgées de plus de 85 ans. Ce boom démographique aura des répercussions sur l’ensemble de la société, sur les plans médicaux, financiers, familiaux,… Pour faire face à ce vieillissement, un nouveau modèle doit être inventé et des solutions doivent être apportées pour soutenir ceux qui connaissent la dépendance. Décryptage d’une situation qui touche de plus en plus de Français.

Interview de Dominique Monneron

Dominique Monneron est le président du Directoire de la Fondation Partage et Vie

Pourquoi la dépendance est-elle un sujet d’enjeu majeur aujourd’hui ?

Avec l’augmentation de l’espérance de vie, le nombre des personnes âgées de plus de 85 ans a doublé depuis 2005. Nous vivons une période de transition démographique et de transition épidémiologique qui induit un développement des maladies dites chroniques et sont la cause principale de la dépendance. L’accompagnement de personnes dépendantes de plus en plus nombreuses est une nouvelle donne et notre système doit être capable de mieux gérer la complexité des situations. Dans le système actuel, les parcours sont encore fragmentés, de même que l’offre sanitaire et médico-sociale. Le recours à l’hôpital, par exemple, est trop fréquent. A cela s’ajoute une gouvernance complexe : l’Etat, l’Assurance maladie, les ARS au niveau régional, les Conseils départementaux… Les réponses ne seront pertinentes que si elles prennent pour point de départ la personne, en fonction de la pluralité de ses besoins et en considération de son contexte spécifique, familial, social dans une logique de parcours.

La France a –t-elle du retard par rapport aux autres pays ?

Beaucoup de pays, comme la France, font face au vieillissement de leurs populations. Chacun y apporte des réponses qui peuvent être différentes. Elles dépendent de la culture du pays, du modèle familial, du système de prélèvements, etc.... En France, nous venons d’avoir un très large débat : la « concertation nationale sur le grand âge » auquel nous avons été associés et qui s’est conclue par la remise d’un rapport au gouvernement, le rapport Libault. Il souligne la principale spécificité de la France qui est le fait que l’espérance de vie en bonne santé y est moins élevée que chez certains de nos voisins. Il propose de nombreuses pistes d’actions pour y remédier et nourrira la réflexion du ministère de la santé qui travaille à une loi sur le financement de la dépendance prévue pour fin 2019. .

Quelles solutions peut-on envisager de mettre en place ?

Les débats actuels montrent combien la question du financement est cruciale. Au niveau national il s’agit de décider des moyens que nous voulons allouer pour les personnes âgées. La question du financement se pose aussi au niveau des familles. Pour donner un ordre d’idée, la durée moyenne d’un séjour en établissement est de 2 ans et demi, ce qui revient à un coût total d’environ 100 000 €. Comment le financer ? Si la personne âgée, ou sa famille, ont des revenus suffisant, tout va bien. Si ce n’est pas le cas, il faut trouver des solutions qui tiennent compte des inégalités de revenu et de patrimoine et du fait que seules 40% des personnes âgées seront dépendantes, dont la moitié d’entre elles (soit 20% des personnes âgées) devront séjourner en EHPAD. Le rapport Libault préconise différentes pistes pour améliorer la prise en charge des personnes âgées tant à domicilie qu’en EHPAD. Il vient de réaffirmer la nécessité d’une solidarité nationale pour le financement de la dépendance. Cela me parait une orientation juste et équitable. Je pense qu’il faut également poursuivre les réflexions sur l’instauration d’un système d’assurance pour le séjour en EHPAD comme le propose le Sénat.

Quels sont les services offerts par la fondation partage et vie ?

La Fondation propose, suivant les besoins, des formules modulables d’accueil et d’hébergement pour les personnes âgées : accueil de jour, hébergement permanent ou temporaire, unité de vie Alzheimer, pôle d’activités et de soins adaptés (PASA), résidences autonomie. S’y ajoutent des établissements pour adultes handicapés et des établissements sanitaires spécialisés dans la réadaptation. Enfin, la Fondation propose des dispositifs d’accompagnement des personnes qui souhaitent continuer à vivre chez elles : aide aux actes de la vie quotidienne, soutien moral, garde de jour et de nuit, plateformes de téléassistance. .

De quelle manière la fondation œuvre-telle au profit des adhérents de la fédération Tégo ?

En 2012, la Fondation a signé une convention avec le GMPA. Concrètement, les adhérents Tégo bénéficient grâce à cette convention d’un droit d’accès prioritaire dans nos EHPAD. Depuis début 2019 par exemple, des échanges ont eu lieu pour traiter trois demandes d’admission. Elles ont concerné des établissements dans le Rhône, en Isère et en Corrèze. Nous souhaitons que ce partenariat s’intensifie, d’autant que nous avons noué des liens de confiance que manifeste la participation du GMPA à notre Conseil de surveillance, partenariat fondé sur des valeurs de service aux personnes que nous partageons.

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