Secourisme : une formation à généraliser

11/01/2019

Secourisme : une formation à généraliser

Depuis les attentats de 2015, les Français ont pris conscience de leur manque de maîtrise des gestes de premiers secours. Seuls 3 Français sur 10 sont formés à réagir face à une situation de crise. Alors qu’elle a été décrétée grande cause nationale en 2016, la formation aux premiers secours met du temps à se généraliser. Qu’en est-il trois ans plus tard ? La France a -t-elle rattrapé son retard ou reste-t-elle à la traîne de ses voisins ?

Changer les mentalités

En 2016, Noémie Sylberg a créé la société Pipinpon pour former les parents aux gestes de premiers secours. Elle a également écrit un ouvrage sur ce thème à destination des parents. Une manière pour elle de faire évoluer les mentalités sur un sujet vital.

Pourquoi avoir créé Pipinpon alors que des formations existent déjà en France ?

Avant de devenir mère, je souhaitais déjà me former aux gestes de premiers secours. Je m’imaginais avec un nourrisson qui risquait de s’étouffer et cette pensée me terrifiait. J’ai cherché des formations pour m’inscrire durant ma grossesse et j’ai trouvé peu de choses : c’était soit trop loin, soit les horaires ne correspondaient pas. La formation au secourisme n’est pas dans les mœurs de notre société. Les Français sont peu formés. J’ai donc abandonné mon métier d’avocate pour créer Pipinpon, qui s’adresse aux parents ou futurs parents qui souhaitent s’initier aux gestes de premiers secours, dans une ambiance rassurante.

Comment se déroule la formation que vous proposez ?

Mon équipe propose des formations à domicile ou en entreprise, axée sur le nourrisson et l’enfant. Les horaires sont donc flexibles et peuvent être adaptés aux emplois du temps des personnes qui nous appellent. C’est accessible à tous. Pendant trois heures, nous leur apprenons à passer une alerte, à prévenir les accidents domestiques : nous leur rappelons que 75% de ce type d’accidents pourraient être évités. Nous exposons également la conduite à tenir en cas de blessure, les gestes à pratiquer quand un enfant fait un malaise. Nous expliquons aussi l’utilisation du défibrillateur. Nous avons des mannequins représentant des bébés afin de faciliter l’apprentissage. Notre formation est réalisée de manière très positive. Nous ne voulons pas tomber dans l’aspect dramatique en rappelant par exemple que chaque minute compte quand l’arrêt cardiaque survient. Nous sommes dans le positif : nous rappelons par exemple, que dans 8 cas sur 10, les claques dans le dos sont efficaces en cas d’étouffement du nourrisson.

Pourquoi avoir voulu vulgariser cette initiation ?

L’objectif est de faire en sorte qu’un maximum de personnes soit capable de réagir quand survient l’accident. Il faut changer les mentalités en France et rejoindre l’état d’esprit des pays nordiques. Quand la formation s’achève, nos stagiaires sont ravis et rassurés et à chaque fois, ils s’étonnent du fait que cette initiation ne soit pas obligatoire ici. Mais les choses sont encore difficiles à faire bouger : je souhaite développer cette formation dans les maternités pour que les femmes enceintes puissent la suivre en parallèle des cours de préparation à l’accouchement. Pour l’instant, je me heurte à des refus à cause de problèmes financiers. Ça existe dans une seule clinique privée parisienne. J’espère qu’un jour on prendra conscience de l’aspect vital de cette initiation !

Tégo s’engage

Consciente de l’importance de la formation aux gestes de premiers secours, Tégo s’investit sur le sujet : chaque été, des sensibilisations aux gestes de 1er secours ont été dispensées dans le cadre des ateliers de prévention mis en place dans les centres de vacances Igesa, au profit des familles. Dans le cadre de son partenariat avec la fédération des clubs de la défense, Tego a financé du matériel de secourisme pour équiper les clubs. Ces derniers organiseront très prochainement des stages de formation aux gestes de 1er secours PSC1.

 

 

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