Stress post-traumatique : Enjeu majeur de la politique de santé des armées

15/10/2018

Stress post-traumatique : Enjeu majeur de la politique de santé des armées

Depuis plusieurs années, le stress post traumatique est une vraie préoccupation du ministère des Armées. Pourtant, les troubles psychiques sont connus de longue date. Aujourd’hui, la prise en charge est totale : elle s’étend de l’événement traumatisant jusqu’à la reconversion du soldat blessé et englobe aussi les familles, trop souvent impactées par cette maladie. Décryptage d’un phénomène devenu courant.

L’impact du SPT sur la famille

Les conséquences du stress post-traumatique sont lourdes pour le soldat : travail, amis et surtout famille sont directement touchés par les symptômes de cette souffrance invisible.
« En tant que militaire, je considère que le stress post traumatique fait partie des risques de mon métier de soldat. En revanche, nos familles, elles, n’ont pas choisi de subir ce syndrome.» Pour Ludovic Molluso, ancien infirmier militaire revenu de son deuxième séjour en Afghanistan avec un SPT, les familles sont les victimes de cette maladie.

Le conjoint est généralement la première personne impactée par le changement de comportement du soldat : énervement, repli sur soi, troubles du sommeil. Après la joie de retrouvailles, l’épouse ne comprend plus et parfois ne reconnaît plus son mari, ce qui entraîne trop souvent un rejet. Comme les proches de Ludovic, nombreuses sont les familles qui retrouvent après plusieurs mois d’absence un père, un époux, un frère, qui ne ressemble plus vraiment à celui qui était parti. En 2017 naissait le collectif "Femmes de militaires en colère" : ces épouses de soldats attendaient du gouvernement l’amélioration de la prise en charge des militaires atteints de syndrome post-traumatique de guerre. La fondatrice du mouvement, Mercedes Crépin, demandait alors de l’aide : « Aidez-nous, nous épouses, compagnes, parce que je suis persuadé que nous sommes un vecteur important pour détecter la maladie. C’est une forme de dépression très soulignée. Ce sont des blessures de l’âme invisibles, différentes selon les âges, les militaires, les expériences".

Pour briser le silence qui entourait jusqu’à récemment le SPT, une femme de militaire a pris la plume anonymement pour publier son histoire : jeune officier, son époux a vécu des flashbacks traumatisants, des cauchemars à répétition, et a développé une agoraphobie, de l’agressivité, du désespoir. L’épouse a voulu raconter son calvaire, ses interrogations face au comportement étrange de son mari, la peur face à ses réactions violentes, mais aussi son combat pour aider son mari. Depuis plusieurs années, des solutions ont été mises en place pour soutenir, apporter des informations aux familles et leur donner des conseils pour faciliter au mieux le retour des soldats dans leur foyer.

Tégo s’engage

Cette année, la fédération Tégo consacrera son Grand débat aux solutions qui existent pour les familles de militaires touchés par le SPT.
Dans le contexte actuel d’engagement opérationnel des forces de défense et sécurité, le syndrome de stress post-traumatique (SPT) a des répercussions lourdes en termes familiaux. La prévention et l’accompagnement de cette blessure psychique, tout comme la prise en compte en compte des familles concernées, sont des préoccupations nécessaires pour l’institution et tous les acteurs de l’économie sociale. Quel constat, quelles solutions face à cet enjeu majeur au sein des forces de Défense et de Sécurité ? Les tables rondes qui auront lieu lors du Grand Débat tenteront de dresser un état des lieux de l’impact du SPT sur la famille. Des experts débattront sur les pistes complémentaires à développer pour accompagner au mieux conjoints, proches et enfants.

 

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