Pictogramme d'un bonhomme avec un bras cassé dans le platre

Burn out : comment identifier le syndrome d’épuisement professionnel ?

19/06/2015

Le burn out est perçu comme le mal professionnel de notre siècle. Et pour cause, les cas de burn out (ou syndrome d’épuisement professionnel), ne cessent de se multiplier. Aujourd’hui, en France, on compte plus de 3 millions de personnes qui seraient sous la menace d’un burn out. Cette forme de dépression liée à une souffrance au travail reste encore difficile à définir et à caractériser.

 

le Burn-out, qu’est-ce que c’est ?


Le burn out, également appelé "syndrome d’épuisement professionnel" se caractérise par une situation de stress chronique, débouchant sur une fatigue profonde, un désinvestissement au travail, voire une dépression, qui dans les cas les plus extrêmes peut aller jusqu’au suicide.

A l’origine, l’expression "burn out" émane du psychologue américain Freudenberger (1974) qui s’est rendu compte que dans certaines catégories professionnelles, certains individus, après une période de travail intense et d’engagement total, évoluaient vers une fatigue, une remise en question, une démotivation, un éloignement social autant dans leur travail que dans leur famille, pour aboutir à une véritable dépression. Selon lui, le burn out correspond à "un état de fatigue chronique de dépression, de frustration apporté par une dévotion à une cause, un mode de vie, ou une relation qui échoue à produire les récompenses attendues et conduit, en fin de compte, à diminuer l’implication et l’accomplissement du travail".

On parle donc de "burn-out" car l’auteur assimile ce phénomène à un incendie à l’intérieur d’une maison sans pour cela que l’extérieur soit modifié. Par ailleurs, burn out signifie en français s’user, craquer.

 

Quels sont les signes qui doivent vous alerter ?


Plusieurs échelles de mesure du burn-out ont été proposées : l’une des plus anciennes est celle issue des travaux et publications de Christina Maslach (Maslach Burnout Inventory’s – MBI, publié en 1996).

Parmi les plus récentes, on retrouve l’échelle proposée par la psychiatre Marie-Pierre Guiho-Bailly, qui se compose de 12 questions. Chacune de ces échelles s’efforce de quantifier et d’associer les symptômes, qui par leur association, conduisent au burn out :

  • Manifestations physiques : troubles du sommeil, problèmes dermatologiques, démangeaisons inexpliquées, douleur diffuses, fatigue chronique, maux de tête, malaises et vertiges.
  • Manifestations émotionnelles : tristesse, découragement, sentiment de persécution, angoisse, de façon durable et croissante.
  • Manifestations cognitives : oublis, baisse de motivation avec erreurs, de l’envie de bien faire à la résignation, déconsidération de soi-même.
  • Manifestations comportementales : négligence vestimentaire et d’entretien, refus et éloignement des activités de loisir, sorties et réunions familiales, isolement social voire cynisme. Evolution vers des conflits familiaux, des conduites dangereuses, utilisation intempestive et de plus en plus de l’alcool, de médicaments et de drogues.

 

Distinguer le burn out réel d’un coup de fatigue


Nous sommes dans une vague de sensibilisation à la fatigue au travail, souvent reprise et augmentée par les médias. Cela a pour conséquence d’entraîner une banalisation du burn out. Or, il ne faut pas faire d’amalgame entre ce qui pourrait être un coup de fatigue passager, qui en général ne résiste pas à un peu de repos, à un véritable épuisement professionnel.

Dans une société où les entreprises poussent toujours plus leurs salariés à la performance, où le gain d’argent remplace souvent la motivation, où il faut aller vite et le plus loin possible, ces causes constituent un terreau favorable à la multiplication du burn out réel, qui peut venir complètement modifier le comportement et la résistance de chacun devant les exigences de la performance.

 

Comment sortir du burn out ?


Plusieurs moyens peuvent permettre de réduire le stress et ainsi trouver une voie d’issue au burn-out :

  • D’abord en se donnant le temps d’analyser des modifications des comportements, comme celles listées plus haut, et de faire en sorte qu’elles ne se pérennisent pas.
  • Ne pas hésiter à se faire aider, notamment par son médecin et un psychologue.
  • Le désir de retrouver un équilibre physique et mental doit alors être la préoccupation première en assurant au mieux son travail et sa vie privée.

Il s’agit là d’un véritable problème de santé publique. Il importe que la prise en charge, en particulier médicale et psychologique, soit de nature à provoquer un arrêt de la spirale du burn out pour amener à une reconsidération de la personne dans son cadre professionnel, social et familial. Cette prise en charge peut être longue et difficile.

Longtemps minimisé voire ignoré, la médecine du travail, le monde de la sécurité et aujourd’hui les ministères de la santé et du travail, tous se sont emparés de la question pour que le burn out réel soit reconnu comme maladie professionnelle et traitée comme telle.

 

Le burn-out, vers une reconnaissance comme maladie professionnelle ?


On détecte une augmentation significative des cas de burn-out ces dernières années : 12% de la population active serait concernée par ce fléau.

Cela fait plusieurs mois que les débats autour de la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle se multiplient. Des débats qui ont porté leurs fruits puisque depuis le 28 mai 2015, l'Assemblée nationale a inscrit dans le projet de loi sur le dialogue social que le burn-out pouvait être reconnu comme maladie professionnelle. Les députés ont inscrit dans le projet de loi sur le dialogue social un amendement qui permet de reconnaître les maladies psychiques comme maladies professionnelles.

 

Auteur : Docteur André Petitet


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