Pictogramme orange représentant une silhouette avec un bras cassé symbolisant la santé

Le retour des IST, comment prévenir et dépister ?

01/06/2016

Alors qu’elle avait pratiquement disparue en France depuis 2000, la syphilis est de retour avec plus de 1000 cas déclarés en France en 2014, témoignant d’un relâchement de la vigilance concernant la prévention des infections sexuellement transmissibles.

Les infections sexuellement transmissibles (IST)* sont des maladies dues à des virus, des bactéries ou des parasites transmises lors de rapports sexuels. La plupart de ces infections n’entraînent que peu (voir aucun) de symptôme. Ainsi, il est possible d’être porteur d’une IST sans le savoir… et de la transmettre.

Contre les IST, soyez informés, dépistés et restez protégés !
 


Quels sont les symptômes des IST ? 

La plupart des IST ne provoque aucun symptôme. D’autres fois, les symptômes ne durent que quelques jours, disparaissent spontanément, sans pour autant signifier guérison. Les signes qui peuvent faire penser à une IST sont :

  • Des brûlures mictionnelles (c’est-à-dire au moment d’uriner)
  • Des boutons, démangeaisons, rougeurs, verrues ou ulcères (plaies) des organes génitaux externes ou de l’anus

Chez la femme, elles peuvent entraîner :

  • Des douleurs lors des rapports sexuels
  • Des douleurs dans le bas-ventre
  • Des saignements en dehors des règles
  • Des pertes colorées ou odorantes au niveau du vagin

Chez l’homme, les brûlures mictionnelles sont souvent dues à des IST. Une douleur ou une gêne à l’éjaculation, une douleur dans le bas-ventre, les bourses ou les testicules doivent également faire penser à une éventuelle IST.

 


La liste des principales IST ?

Les chlamydiae

C’est une IST très fréquente, en particulier chez les 16-25 ans. Cette infection se transmet lors de rapports sexuels non protégés. Elle passe la plupart du temps inaperçue mais peut évoluer à bas bruit et être responsable de salpingite (infection des trompes) ou de grossesse extra-utérine. C’est la première cause d’infertilité chez la femme jeune. Pourtant, le traitement est simple et efficace (traitement antibiotique en prise unique ou de quelques jours).

L’hépatite B

C’est une infection du foie (hépatite) causée par le virus de l’hépatite B (VHB). Dans 90 % des cas, l'hépatite B guérie spontanément mais dans 1 cas sur 10, l'infection devient chronique avec un risque de développer une cirrhose ou un cancer du foie. Le virus de l'hépatite B est particulièrement contagieux :

  • Lors de relations sexuelles non protégée (rapport vaginal, anal ou buccogénital)
  • Lors de la grossesse, de la mère à son enfant
  • Lors de tatouage ou de piercing si les règles d'hygiène ne sont pas respectées
  • Lors du partage de matériel chez les toxicomanes
  • Par l'intermédiaire de petites coupures ou griffures involontaires faites avec des objets de toilettes en contact avec le sang d'une personne infectée (coupe-ongles, rasoir, brosse à dents, matériel d'épilation).

Dans 30 % des cas, le mode de contamination reste inconnu. En France, on estime que près de 5 millions de personnes ont été en contact avec le virus de l’hépatite B et 300 000 d’entre elles ont développé une hépatite chronique. Pourtant, un vaccin efficace et bien toléré existe contre l’hépatite B !

Le VIH (le virus de l’immunodéficience acquise)

Le VIH est responsable d’une maladie : le SIDA (Syndrome d’immunodéficience acquise). Ce virus attaque les défenses immunitaires. L’organisme affaiblit ne peut plus se défendre contre les infections, même des infections bénignes. Le VIH se transmet par l’intermédiaire :

  • Du sang
  • Du sperme
  • Des sécrétions vaginales lors de rapports sexuels non protégés

Le VIH ne se transmet pas par un baiser ou une simple poignée de main, ni en utilisant les toilettes publiques, ni par l’intermédiaire des affaires personnelles d’une personne contaminée.

En France, 150 000 personnes sont infectées par le VIH et 30 000 sont porteuses du virus mais ne le savent pas(Rapport Morlat 2013). S’il y a eu d’énormes progrès dans la prise en charge de la maladie, les traitements ne permettent pas de guérir du SIDA mais uniquement de contrôler l’infection afin d’en retarder l’évolution.

L’herpès génital

C’est une infection virale très contagieuse qui se transmet lors de rapports sexuels avec ou sans pénétration. Une fois contracté, le virus reste dans l’organisme toute la vie et est responsable de poussées se manifestant par de petites vésicules (cloques) douloureuses. Le risque de transmission est particulièrement élevé durant les poussées, il faut alors éviter d’avoir des relations sexuelles, même protégées, tant que les vésicules sont visibles.

L’herpès labial (bouton de fièvre) peut également être transmis aux organes génitaux en cas de rapports bucco-génitaux.

Les papillomavirus humains (HPV)

Les HPV sont des virus très répandus, il en existe de nombreux types, certains sont responsables de verrues génitales, d’autres sont à l’origine du cancer du col de l’utérus mais la majorité des personnes contaminées éliminent le virus sans développer aucun symptôme.

Il n’est pas possible de se protéger des HPV car ils se transmettent très facilement, lors de rapport sexuels mais également lors d’un simple contact peau à peau ou encore de manière indirecte par le linge de toilette par exemple.

En cas de verrue, le diagnostic est clinique et le traitement local. En raison du risque pour les femmes de développer un cancer du col de l’utérus, il est recommandé de réaliser un frottis du col tous les trois ans. Ce dépistage permet de prendre en charge et de traiter le plus précocement les lésions précancéreuses ou cancéreuses. Il existe un vaccin contre le papillomavirus, recommandé chez les jeunes filles de 11 à 19 ans.

La syphilis

Cette infection qui semblait disparue réapparait de manière inquiétante en France depuis l’année 2000 (plus de 1000 cas déclarés en 2014). Infection provoquée par la bactérie Treponema pallidum, la syphilis se transmet lors d’un rapport sexuel vaginal, anal ou oral avec une personne infectée et contagieuse. Elle débute par une petite plaie non douloureuse, appelée chancre. L’infection devient ensuite chronique, responsable d’atteintes cutanées, cardiaques et neurologiques graves. Les lésions cutanées sont également contagieuses.

Pour se protéger, utilisez un préservatif pour tous les rapports sexuels, y compris les rapports bucco-génitaux. En cas de plaie ou de signes cliniques, parlez-en à votre médecin et faites un dépistage car dépistée et traitée, la syphilis se guérit !
 


Comment savoir si on a une maladie vénérienne et quand se faire dépister ?

Un geste simple : le dépistage ! Se faire dépister c’est pouvoir se faire soigner en cas d’infection et éviter de la transmettre à ses partenaires.

Quand se faire dépister ?

  • Quand on a un doute
  • Quand on pense avoir une infection
  • Quand on a eu un rapport sexuel à risque, mal protégé ou non protégé avec un préservatif
  • Quand on ne sait pas si on a pris un risque
  • Avant d’arrêter l’utilisation du préservatif avec son / sa partenaire
  • Le dépistage consiste en une simple prise de sang et éventuellement une analyse d’urine. Il permet de savoir en quelques jours si on est porteur d’une IST
     

Où faire un dépistage des IST ?

Un médecin généraliste, un gynécologue ou encore une sage-femme peuvent vous prescrire les examens de dépistages à faire dans un laboratoire d’analyse médicale de votre choix.

Vous pouvez également vous rendre dans l’un des nombreux centres de dépistage anonymes et gratuit, présent dans toutes les grandes villes de France :

  • Les CeGIDD (Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic)
  • Ou dans les CPEF (Centre de Planification et d’Education Familiale)

Les analyses réalisées dans ces centres sont anonymes et gratuites (aucun papier d’identité ou carte Vitale n‘est nécessaire, et aucun résultat ne sera envoyé à votre domicile).

 


Comment se préserver des IST ?

  • Se protéger : Utiliser un préservatif pour chaque rapport sexuel et avec chaque partenaire, y compris pour les rapports bucco-génitaux
  • Se vacciner : Il existe un vaccin efficace pour l’hépatite B et pour le papillomavirus : parlez-en à votre médecin
  • Se faire dépister : pour pouvoir se traiter et éviter de transmettre l’infection à votre / vos partenaire(s)


     

Docteur Julie Rigaut

* : Différence entre IST et MST

Auteur : Docteur Julie Rigaut


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