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Les nouvelles intolérances alimentaires

19/09/2017

Les régimes sans gluten, sans œuf, sans FODMAPs ou sans lactose concerneraient de plus en plus de Français, enfants comme adultes. Entre allergies, effet de mode ou véritables intolérances alimentaires, comment reconnaitre les symptômes et surtout à quel moment un régime devient-t-il nécessaire ?

 


Qu’est-ce que l’intolérance alimentaire ?

L’intolérance alimentaire est un phénomène en constante progression ces vingt dernières années. Elle correspond à une hypersensibilité lors de la consommation d’un aliment ou d’un ingrédient habituellement toléré par la plupart des gens. Plusieurs symptômes indésirables peuvent apparaitre, en général lors d’une consommation répétée de l’aliment qui pose problème.

Parfois confondue avec l’allergie dont les symptômes sont immédiats et parfois très graves (urticaire, arrêt respiratoire ou cardiaque, œdème de Quincke ou troubles digestifs graves), les symptômes de l’intolérance alimentaires sont plus discrets et souvent, à retardement, rendant le diagnostic parfois très difficile. Pourtant avant de se précipiter sur un régime d’éviction, il est important de confirmer le diagnostic auprès de son médecin traitant ou d’un spécialiste.


Quels sont les intolérances alimentaires les plus fréquentes ?

L’intolérance alimentaire peut concerner un aliment en particulier (le lait par exemple), mais le plus souvent il s’agit d’un groupe d’aliment comme les fruits ou les viennoiseries par exemple. La personne aura d’autant plus de mal à identifier l’aliment qui lui pose problème sans l’aide d’un médecin.

Plusieurs intolérances sont de plus en plus fréquemment rapportées :

  • L’intolérance au gluten qui touche près de 150 000 français et provoque des réactions essentiellement intestinales. Le gluten est une protéine de blé présente partout dans l’alimentation : biscuits, quiches, pain, pâtes, pizzas, viennoiseries, charcuterie, sauces, bière... C’est l’une des intolérances les plus insidieuse et difficile à diagnostiquer.
     
  • L’intolérance aux produits laitiers (lait, fromage) qui touche environ 8% des enfants, chez qui elle est la plus fréquente. Elle peut cacher une intolérance à la caséine ou au lactose. Chez l’adulte elle peut provoquer des troubles intestinaux et cutanés, des hémorroïdes, des règles douloureuses, des douleurs et des raideurs articulaires, des migraines, ou de l’anxiété. Les améliorations sont en général visibles dès le premier mois d’éviction.
     
  • L’intolérance aux FODMAPs est une intolérance encore peu connue qui provoque le plus souvent des symptômes digestifs comme de la diarrhée, de la constipation ou un syndrome de l’intestin irritable (gonflement et douleurs du ventre). Les FODMAPs sont des sucres contenus dans les céréales, les fruits et les légumes. Leur éviction doit se faire sous la surveillance d’un gastro-entérologue.
     
  • Les autres intolérances plus rares comme les produits de la mer, les épices, les aromates, les condiments ou les œufs peuvent aussi engendrer de nombreux symptômes.

Contrairement à l’allergie qui est déclenchée par une protéine alimentaire, tous les aliments et leurs composants ont le potentiel de provoquer une intolérance. C’est pourquoi on peut être intolérant à des composants aussi divers qu’un sucre (le lactose et le fructose par exemple), un additif alimentaire (les colorants) ou encore un composé pharmacologiquement actif (la caféine et l’histamine par exemple).


Quels sont les symptômes de l’intolérance alimentaire ?

Les symptômes de l’intolérance alimentaire sont très variables et parfois difficiles à associer avec l’aliment. Il peut s’agir par exemple de :

  • Douleurs intestinales
  • Infections ORL à répétition
  • Rhumatismes
  • Migraines
  • Maladies de peau
  • Fatigue chronique

En raison de leur grand nombre et de leur apparition parfois plusieurs heures après avoir mangé l’aliment, les symptômes de l’intolérance alimentaire rendent le diagnostic plus difficile à poser. En général, plusieurs années sont nécessaires avant de confirmer le diagnostic et de mettre en place un régime d’éviction car le ou les aliments en cause sont parfois très difficiles à identifier.


Quelles sont les causes de l’intolérance alimentaire ?

On sait qu’une stimulation répétée du système immunitaire à cause de l’aliment qui pose problème va provoquer une réaction inflammatoire à l'origine des symptômes de l'intolérance alimentaire. Cependant, des recherches récentes ont permis de faire plusieurs hypothèses pour expliquer l’augmentation des nouvelles intolérances alimentaires :

  • L’industrialisation de l’alimentation avec l’utilisation d’aromates, de conservateurs et autres additifs ;
  • L’émergence de nouveaux aliments auxquels notre organisme n’est pas habitué ;
  • L’hérédité ;
  • Le manque d’exposition aux microbes et autres infections qui stimulent notre système immunitaire depuis la naissance ;
  • La prise d’antibiotiques, en particulier dès le plus jeune âge ;
  • La diversification alimentaire précoce ;
  • Les polluants environnementaux (aluminium, plomb, ou mercure par exemple) ou l’intoxication aux métaux lourds ;
  • Le stress, la consommation de tabac, d’alcool ou de médicaments.

En cas d’intolérance alimentaire

Les aliments responsables ne sont pas complètement digérés et les résidus mobilisent alors le système de défense immunitaire. Ces résidus sont reconnus et attaqués en tant que corps étrangers. Ces attaques répétées affaiblissent l’organisme et provoquent une inflammation chronique et des symptômes.


Comment faire le diagnostic d’intolérance alimentaire ?

Bien que l’intolérance alimentaire prenne généralement place au niveau du système digestif, les symptômes qui y sont associés ne se limitent pas toujours à des douleurs, des gaz, des nausées ou de la diarrhée. En fait, des manifestations aussi peu spécifiques que la fatigue, l’irritabilité, un mal de tête et une éruption cutanée peuvent apparaître, ce qui rend d’autant plus difficile l’établissement du diagnostic.

Avant même de confirmer le diagnostic d’intolérance alimentaire et de faire un régime, il faut donc toujours rechercher une autre cause physique aux symptômes. De nombreuses maladies peuvent aussi expliquer ces signes, c’est pourquoi, seul le médecin traitant pourra faire un bilan complet et proposer une consultation vers un gastro-entérologue ou un autre spécialiste (ORL, rhumatologue…) si cela s’avère nécessaire.

Une fois que tout autre maladie a été écartée, on en conclut que c’est bien l’aliment mal toléré qui provoque les symptômes. Certains examens commentaires peuvent parfois confirmer le diagnostic (tests sanguins, urinaires ou cutanés) mais c’est surtout la suppression de l’aliment suspecté qui permet d’améliorer les symptômes.

Si vous pensez avoir les symptômes d’une intolérance alimentaire

n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant pour confirmer le diagnostic et surtout adapter votre mode de vie et votre alimentation pour limiter les symptômes.


Qu’est-ce qu’un régime d’éviction ?

Pour confirmer le diagnostic, le médecin propose parfois directement un régime d’éviction, c’est-à-dire le retrait total de l’aliment suspect de l’alimentation pendant plusieurs semaines. Ce régime ne doit se faire qu’avec la recommandation du médecin et sa supervision.

Une fois que le diagnostic est posé, c’est un véritable changement de vie qui commence pour l’intolérant. En fonction de la gravite de l’intolérance et de l’aliment en cause, il faudra déchiffrer les étiquettes des produits, ou encore réadapter les recettes et remplacer l’ingrédient qu’il ne peut consommer par un autre. Le tout, en essayant autant que possible de préserver sa vie sociale et le plaisir de se nourrir.


Comment traiter durablement une intolérance alimentaire ?

Quel que soit le type d’intolérance alimentaire, après le régime d’éviction, le but est de pouvoir réintroduire l’aliment incriminé sans déclencher de symptômes. C’est l’étape de la réintroduction qui commence en général par la consommation d’une petite quantité d’aliment à risque, puis une augmentation progressive jour après jour tout en surveillant l’apparition des symptômes.

Dans certains cas, la réintroduction sera totale, c’est-à-dire que la personne n’est plus intolérante et peut tout à fait tolérer une quantité normale de l’aliment qui lui posait problème. Dans d’autres cas, la quantité à consommer doit être limitée pour ne pas provoquer de symptômes. Enfin, dans de rares cas d’intolérances sévères, il sera impossible de réintroduire l’aliment sans déclencher de symptômes gênants.

Cependant, le régime d’éviction ne fait pas tout. Dans certains cas, il est important de prendre en charge les autres causes de l’intolérance comme le stress, la consommation de tabac, d’alcool ou l’exposition aux polluants. Un suivi psychologique, une aide au sevrage tabagique ou une alimentation réduite en pesticides peut aussi aider à améliorer les symptômes.

Que l’on soit enfant ou adulte, l’intolérance alimentaire, est un problème qui transforme inévitablement le quotidien de celui qui en souffre. Dans tous les cas, il existe des solutions pour cuisiner et prendre du plaisir en mangeant. Parlez-en avec votre médecin.

En savoir plus :

http://www.latabledesintolerants.com

http://www.intolerancegluten.com/

 

Auteur : Docteur Lewandowski


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