Pictogramme orange représentant une silhouette avec un bras cassé symbolisant la santé

Les urgences médico-chirurgicales

01/09/2014

Qu’entend-on par urgences ?

En fait, il s’agit d’un seul mot pour deux situations :

  • L’urgence dans laquelle se trouve une personne suite à l’aggravation brutale de son état de maladie, suite à un état de santé soudainement inquiétant pouvant aller jusqu’à mettre en jeu ses fonctions vitales ou suite aux conséquences d’un traumatisme ou d’une blessure. En résumé toutes les situations qui demandent une prise en charge médicale et des soins dans les meilleurs délais.
  • Les services d’urgences qui organisent la prise en charge médicalisée pré-hospitalière (SAMU par exemple) et le service des urgences hospitalières qui gère la réception, la prise en charge, l’analyse et le traitement.

Dans tous les cas, il s’agit de gérer des évènements aigus et soudains considérés comme préoccupants et/ou graves et portant atteinte à la santé ou à l’intégrité de personnes.

Les différents niveaux d’urgence

On distingue quatre niveaux d’urgence :

  • Le niveau 1 correspond à une extrême gravité (accident vasculaire cérébral, brusque perte de connaissance, traumatisme important avec hémorragie de grande ampleur, etc…). Il implique que le SAMU (Service d’Aide Médicale d’Urgence initié en France dans les années 60 et codifié officiellement dans les années 80) commande rapidement l’envoi d’un véhicule SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation).
  • Le niveau 2 correspond à un état inquiétant (douleur thoracique, évolution brutale d’une maladie, plaie nécessitant un nettoyage et une suture,etc…) pour lequel le SAMU décidera de faire appel à un VSAV (Véhicule de Secours et d’Aide aux Victimes des Sapeurs-Pompiers), un véhicule SMUR ou une ambulance privée.
  • Le niveau 3 considéré comme de gravité moindre (accès de fièvre, état grippal, diarrhée brutale,…) concerne la recherche du soutien d’un médecin en cabinet ou d’un médecin de garde.
  • Le niveau 4 correspond à la recherche d’un conseil médical par téléphone pour faire face à un souci de santé considéré par la personne comme particulièrement perturbant et demandant à être rapidement réglé, par exemple un accès de gastro-entérite.

Depuis 2010, les niveaux 1 et 2 sont du ressort du service des urgences hospitalières. Pour les contacter plusieurs numéros de téléphone sont à connaître :

  • Le 15 qui est celui du SAMU
  • Le 18 qui est celui des Sapeurs-Pompiers
  • Le 112 qui fonctionne dans toute l’Europe pour les URGENCES
  • Le 17 qui est celui de la Gendarmerie et/ou de la Police

Pour faciliter l’efficacité et la rapidité de prise en charge, un regroupement des moyens de réception des appels et d’intervention a été fait depuis une dizaine d’année sous forme de Centre de Traitement des Appel Unifié (CTAU). Ainsi dans près de 75% des départements les appels au 15, 18 et 112 aboutissent au même endroit où des permanenciers et régulateurs sont à l’écoute, redistribuant les appels vers les professionnels les mieux concernés et organisant les moyens mobiles nécessaires.

Les niveaux 3 et 4 sont désormais du ressort de la permanence des soins. En dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux, celle-ci est organisée dans chaque département par la Préfecture et est régulée dans son application par les ARS (Agences Régionales de Santé créées suite à la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires de 2009). Le département est divisé en secteurs et dans chaque secteur, il y a un médecin de garde au même titre qu’une pharmacie de garde. Les numéros de téléphone de ces professionnels de garde sont connus à l’avance, publiés dans les journaux et il est possible de les obtenir, ainsi que les horaires de permanence, en appelant la gendarmerie par le 17 ou le SAMU par le 15.

 


Fonctionnement du service des Urgences hospitalières

Le Service des Urgences est une unité particulière et indépendante des autres services au sein de l’hôpital. Les personnes y sont reçues 24h sur 24, 7 jours sur 7, par un personnel infirmier et médical spécifique. Leur travail est de prendre en charge les personnes qui se présentent, dans leur ordre d’arrivée, mais aussi en tenant compte du degré de gravité, et ce, dans les meilleures conditions de temps et de technique.

Après un premier examen approfondi, ils peuvent faire appel à d’autres personnels ou d’autres plateaux techniques de l’hôpital. Le principe est de mettre les personnes en sécurité, de palier aux soins de première urgence, d’effectuer toutes les recherches complémentaires nécessaires puis de décider :

  • Du transfert vers une unité hospitalière d’équipement supérieur avec des compétences médicales adaptées,
  • Du maintien dans les locaux du service pour une courte période de surveillance nécessaire,
  • D’une hospitalisation dans l’un des services de l’hôpital en fonction de la pathologie détectée,
  • Du retour à domicile ou vers le médecin traitant, avec ou sans traitement particulier.

 


Usage et mésusage des urgences

Autrefois, tout était simple : en dehors des horaires de consultations et de visites de jour, il suffisait, en cas de nécessité, d’appeler son médecin pour qu’il vienne à domicile ou qu’il donne le numéro de téléphone du médecin de garde pour prendre les dispositions nécessaires et éventuellement faire appel aux services hospitaliers.

Aujourd’hui l’hyperconsommation des urgences hospitalières et une certaine déresponsabilisation de la population face à la santé, ont complètement changé la donne et influent gravement sur la qualité et les conditions d’exercice des professionnels qui travaillent dans les 625 services des urgences en France. Les salles d’attente des services d’urgences ressemblent plus à une gare à l’heure d’affluence qu’à un lieu de calme devant la souffrance et les soucis de santé. Cela entraîne une ambiance bien souvent incompatible avec une prise en charge tranquille et efficace, allant jusqu’à des situations de conflit voire d’agression physique sur les personnels hospitaliers.

On a ainsi assisté à une très forte croissance des passages aux Urgences hospitalières allant de 13 millions à 18 millions en 10 ans. Ceci est à rapprocher des réelles difficultés pour trouver un médecin libre dans la journée, voire le lendemain, sans parler de la soirée, de la nuit ou du week-end. A cela s’ajoute la raréfaction des médecins spécialistes, en particulier des pédiatres, dans bien des zones du territoire national. La nouvelle régulation de la permanence des soins devrait, à terme, améliorer les choses, de même que la création souhaitée des Maisons Médicales de Garde. Ces unités plus proches de la population permettraient de faire le tri sur place afin d’éviter la surcharge très souvent non justifiée des services d’urgences dans lesquels il n’est pas rare d’attendre plusieurs heures avant d’être examiné.

L'essentiel à retenir

  • Appeler d’abord le 17 ou le SAMU pour connaitre le n° de téléphone du médecin de garde de secteur et faire appel à lui avant de se précipiter vers le service des urgences de l’hôpital le plus proche.
  • En cas de nécessité mémoriser en priorité le 15 (SAMU), le 112 (URGENCES Europe) et le 18 (Sapeurs-Pompiers).
  • Bien réfléchir et réunir les renseignements nécessaires avant d’appeler.
  • Avoir un crayon et un papier pour bien noter les directives du SAMU.

 

Auteur : Docteur André Petitet


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