Pictogramme orange représentant une silhouette avec un bras cassé symbolisant la santé

Zika : que faut-il savoir sur ce virus et comment pouvons-nous nous protéger ?

29/03/2016

Depuis plusieurs mois, une épidémie de Zika sévit dans 26 pays (en Amérique du sud, Amérique centrale, en Guyane et aux Caraïbes). La France est concernée depuis que la Martinique et la Guyane sont entrées en phase épidémique mi-janvier selon l’InVS (l’Institut de Veille Sanitaire). D'autres cas sont signalés en Guadeloupe et Saint Martin. Que faut-il alors savoir sur le virus Zika et comment pouvons-nous nous protéger ?


Comment se transmet le virus Zika ?

Le virus Zika est transmis surtout par la piqûre du moustique infecté du genre Aedes, aussi appelé le moustique tigre pour ses rayures noir et blanc. Ce moustique est devenu célèbre car il est aussi responsable de la propagation de la dengue, de la fièvre jaune et du chikungunya. Enfin, des cas de transmission sexuelle ont été rapportés. Le virus serait donc présent dans le sperme pendant plusieurs semaines après la contamination.
 


Quels sont les symptômes de l’infection par le virus Zika ?

Après une incubation de quelques jours, l’infection peut se manifester ou passer inaperçue dans environ 80 % des cas. Les signes étant peu spécifiques (syndrome grippal et éruption cutanée) d’autres diagnostics peuvent être évoqués à tort. Des prélèvements biologiques permettent d’en faire le diagnostic formel. Dans certains cas, des complications type syndrome de Guillain Barré (SGB) peuvent survenir.
 


Existe-t-il un traitement du virus Zika ?

Il n’y a ni traitement spécifique ni vaccin. En dehors de complications, seul un traitement symptomatique peut être mis en place. Se protéger et prévenir sont aujourd’hui les meilleurs moyens pour réduire les risques d’infection.
 


Comment se protéger ?

Les recommandations ministérielles :

  • Il est spécialement recommandé aux femmes enceintes de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et particulièrement au cours des deux premiers trimestres de la grossesse.
  • Les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédents de piqûre de moustiques ou de symptômes de l’infection, doivent avoir un suivi médical de grossesse adapté. Par précaution, il est souhaitable qu’elles aient des rapports protégés.
  • Pour les voyageurs, il est recommandé aux femmes enceintes ou en projet de procréation, qui se rendraient dans des régions touchées, de consulter préalablement leur médecin et si possible de reporter leur voyage.

Il est nécessaire :

  • De porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée) des vêtements amples et longs couvrant les bras et les jambes jusqu’aux chevilles,
  • D’utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu’à trois mois),
  • D’utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l’enfant, d’utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l’intérieur des maisons et des "bandeaux collants".

Chaque pays doit s’atteler à lutter contre le moustique et sa larve.
 


Quel problème de sante public cela pose t-il ?

Rappelons que le virus Zika est connu depuis de nombreuses années dans les zones tropicales et plus particulièrement depuis 2013 où une épidémie avait sévi en Polynésie Française. Des cas de syndrome de Guillain Barré avaient été alors décrits. Il s'agit d'une inflammation du système nerveux périphérique pouvant entrainer de graves séquelles. Le SGB est une affection rare (environ 1 à 2 cas pour 100 000 personnes par an). Dans 20 à 30 % des cas, ce syndrome peut prendre une forme sévère (parfois mortelle).

En sus des cas de syndrome de Guillain Barré, d’autres complications neurologiques auto-immunes (quand le système immunitaire attaque l’organisme comme s’il était un corps étranger) ont été rapportées. Un cas de myélite (inflammation du système nerveux central) a été rapporté il y a quelques jours. Cette affection gravissime peut laisser de lourdes conséquences sur le plan moteur notamment.

Beaucoup d’incertitudes persistent quant aux modes de transmission et aux complications notamment chez les femmes enceintes. Nous avons la preuve de la transmission mère-enfant via probablement le placenta et au cours de l’accouchement. Selon l’OMS, l’allaitement ne poserait aucun problème de santé même si le virus passe dans le lait maternel.

Une augmentation des cas de microcéphalie (taille anormalement petite de la boite crânienne ne permettant pas un développement normal) ainsi que des anomalies du système nerveux central ont été constatées dans les zones où l’épidémie sévie. Au Brésil, plus de 5 900 cas de microcéphalies sont rapportés depuis fin 2015 contre un peu plus de 150 habituellement référencés. Mais le lien de causalité n’est pas encore entièrement prouvé et de nombreuses études sont en cours, l’OMS jugeant cette causalité « hautement probable ». Une étude américaine publiée il y a quelques jours montrerait la toxicité du virus sur les cellules fœtales infectées avec notamment une destruction massive des cellules nerveuses pouvant expliquer ces microcéphalies. Le problème est que ces malformations cérébrales ne sont que la partie visible de l’iceberg ! D’autres anomalies ont été constatées après les naissances suite à la surveillance qui a été mise en place après l’épidémie de 2013 en Polynésie Française.
 


Ce virus peut-il toucher la France métropolitaine ?

Les moustiques tigres sont présents en métropole (et plus particulièrement dans le sud de la France). En théorie, oui il y a un risque de transmission si une personne infectée est piquée en période d’activité de ce moustique (de mai à novembre) en zone infestée par le moustique tigre et que ce même moustique pique une personne saine (pour plus d’information voir le lien plus bas avec la carte de répartition du moustique en France).
 


Les dernières informations

Le 27 février 2016, un cas de contamination sexuelle est rapporté récemment en France. Une femme a été contaminée par son compagnon qui revenait du Brésil.

Prés de 5 000 cas d’infection ont été rapportés dans les départements français d’Amériques. Environ 23 femmes enceintes ont été détectées positives. Deux cas de syndrome de Guillain Barré ont été pris en charge selon le rapport de la Ministre de la Sante du 25 février 2016 (audition Zika devant la commission des affaires sociales).

La Ministre de la Santé a annoncé que des échographies de surveillance seront prises en charge à 100 %, mensuellement pour les femmes détectées positives et deux échographies supplémentaires pour toutes les autres femmes. D’autres moyens humains et matériels vont être mobilisés.
 


Des hypothèses à élucider

Certains scientifiques évoquent l’utilisation d’un insecticide qui serait responsable de ces malformations: le pyriproxifene. Cet insecticide est utilisé massivement notamment au Brésil mais pas en Polynésie Française où ces malformations ont été aussi constatées en nombre anormalement élevé en 2013. Enfin, des études seront nécessaires afin d’étayer ou pas cette hypothèse.
 

Pour plus d’informations :

Auteur : Docteur Sophie Agier


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